Nous abordons la 6e et dernière semaine de ce carême 2011. Rappelons en effet que le carême qui commence par les vêpres du Pardon samedi soir s’achève par les vêpres de la Résurrection de Lazare le vendredi soir ce qui fait donc 40 jours. Il est ensuite suivi par la Semaine Sainte, période de jeûne certes, mais qui n’est pas comprise dans le carême à proprement parler. Cette 6e semaine débute avec le dimanche de Sainte Marie l’Egyptienne qui, selon le synaxaire, a été positionné à cet endroit afin de rappeler aux négligents l’importance du jeûne. C’est également l’objet de ces propos de Saint Théophane le reclus.
« Le jeûne n’est pas obligatoire quoiqu’il soit bel et bien le moyen de surmonter les passions pécheresses et les charnelles. Si le progrès intérieur est obligatoire, alors la façon par lequel il est obtenu est obligatoirement le jeûne. La conscience de chacun le lui rappelle.
Afin de faire taire la voix de leur conscience, ils déclarent ;
1° Je compenserai mon manquement au jeûne d’une autre façon ou
2° le jeûne m’est nuisible ou encore
3° je jeûnerai quand je le veux mais en dehors des périodes de jeûnes établies
Cependant, la première excuse est inappropriée car personne n’est parvenu à dominer les passions charnelles ou à mener une vie intérieure ordonnée sans jeûne.
La dernière excuse l’est tout autant car l’Eglise est un seul corps et se mettre à l’écart des autres revient à s’opposer à son bon ordre. L’on ne peut se dispenser des règles générales de l’Eglise qu’en la quittant ; mais tant que quelqu’un en est membre, il ne peut dire ceci ou revendiquer cela.
La deuxième a une certaine validité. En effet, l’obligation du jeûne est levée chez ceux pour lesquels il agit de façon destructrice car le jeûne n’a pas été établi pour tuer le corps mais pour mortifier les passions.
Mais si l’on devait consciencieusement dénombre ce type de cas, l’on verrait qu’ils sont si peu nombreux qu’ils ne comptent même pas.
Il ne reste qu’une vraie raison : le manque de volonté. Il n’y a aucune discussion à avoir à ce sujet : vous ne serez pas amené au Paradis contre votre volonté.»
Aujourd'hui, 19 septembre 2010, est décédé l'Archevêque Chrysostome II d'Athènes (nom de famille : Kiousis). Il était à la tête depuis 1986 de la principale juridiction vétérocalendériste grecque.
Né le 8 octobre 1920, il est tonsuré moine vers 1945, puis ordonné à la prêtrise en 1947 par l'évêque Germain des Cyclades (évêque vétérocalendériste). Dans les années 50, il célèbre clandestinement en raison des persécutions contre les vieux-calendéristes; ceux-ci ayant retrouvé des évêques par la suite, il est chirotonisé en 1971 en tant qu'évêque de Thessalonique, élu en 1986 archevêque d'Athènes. Il contribuera à réinstaurer le bon fonctionnement administratif de la juridiction.
Sources à venir car les sites de la juridiction www.hotca.org et http://ecclesiagoc.gr/ n'ont pas encore été mis à jour. La photo vient du site http://www.ekklisiastikos.com/
Ce texte nous vient du site www.hotca.org de la métropole nord-américaine du synode vrais chrétiens orthodoxes présidé par Chrysostome II d’Athènes. C’est l’occasion de rappeler l’importance de ce jeûne trop souvent oublié ainsi que ses modalités alimentaires qui peuvent varier légèrement.
L’un des quatre jeûnes de l’Eglise, celui des Saints Apôtres débute le lundi qui suit la fête de tous les Saints et prend fin avec la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul le 29 juin (12 juillet dans l’ancien calendrier). Durant le jeûne des Apôtres, l’huile, le vin et les fruits de mer sont autorisé les jours de semaine à l’exception de mercredi et de vendredi et le poisson est autorisé les weekends. […] Le jeûne des Apôtres dure entre 8 et 42 jours en fonction de la date de Pâques. [Note du traducteur : il peut y avoir de légères variations ; ainsi selon d’autres sources, le lundi est un jour de jeûne strict similaire à mercredi et vendredi tandis que la consommation des fruits de mer est considérée comme incorrecte par Balsamon et Saint Nicodème l’Hagiorithe et ce, durant toutes les périodes de jeûne.].
Des 4 jeûnes de l’Eglise, celui des Apôtres est le plus ignoré. On dit que c’est parce qu’il change chaque année ; nombre de personnes ignorent quand il commence et quand il finit et pour cela, ils ne l’observent pas. On le considère également difficile (ou plus exactement ennuyeux) à observé car il tombe en été.
L’incarnation du Verbe coeternel de Dieu et son ministère de 3 ans sur la Terre est l’événement central de l’histoire humaine et c’est par la célébration des nombreuses fêtes que nous revivons la vie du Christ dans nos propres vies. Depuis la conception du Christ à son enfantement et à son baptême jusqu’à Sa mort et à sa Résurrection, Son ascension au Ciel et la descente du Saint Esprit sur Ses Apôtres et Disciples, nous revivons ces événements année après année de façon à ce que la vie du Christ se manifeste dans nos propres vies.
L’Eglise, Arche de Salut, a conscience de ce que sans préparation, les jours de fêtes ne seront en rien différent des jours ordinaires et que nous n’aurons pas une véritable expérience de la fête. Avec cela en tête, l’Eglise a fixé des périodes de jeûne de durées et d’intensité variables en lien avec l’importance de la fête à venir.
Le jeûne des Apôtres nous aide à ne pas oublier le Christ pendant la période d’été quand les agendas sont relâchés et quand nous sommes en vacances. Le fait que ce soit un jeûne aisé rend inexcusable le fait que nous ne l’observions pas. Ainsi, le jour de la fête, nous serons prêts pour le célébrer d’une façon orthodoxe.
Par les prières de tes Saints Apôtres, Seigneur Jésus-Christ, fais-nous grâce et sauve-nous. Amen.
Au pieux troupeau de l’Eglise orthodoxe de Russie
Bien-aimés dans le Christ, enfants de l’Eglise de Dieu
Je vous salue cordialement et vous félicite pour la joyeuse et salvifique fête de la Noël.
En ce jour solennel, nos cœurs font ressentent une grande joie, atteignent le comble de la réjouissance, car indiscutablement, s’est accompli le grand mystère : Dieu s’est manifesté dans la chair (I Timothée 3 :16). De la Vierge Marie est née le Divin Enfant, le Christ : « En ce jour, avec les Prophètes, le Ciel et la terre se réjouissent…, les anges et les hommes célèbrent spirituellement cette fête…, les bergers proclament la merveille ; les mages d’orient apportent des présents à Bethléem et nous autres, de nos lèvres indignes, lui apportons des louanges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur terre bienveillance parmi les hommes »
En ces jours de grande réjouissance en raison de la merveille de l’incarnation du Christ, ont été publiées dans tout le monde, de tristes nouvelles en provenance de la Ville de Souzdal où, par la volonté de Dieu, dans l’année déjà lointaine de 1990, fut installé le centre spirituel et administratif de l’Eglise Orthodoxe Autonome de Russie (EOAR). Ces nouvelles ont trait à l’expulsion des clercs et fidèles de notre Eglise de la façon la plus brutale et blasphématoire des églises qui leur avait été concédées pour un usage perpétuel. Les actions des fonctionnaires gouvernementaux invitent les chrétiens qui vivent dans un état qui se dit « juste et démocratique » à s’inquiéter et à réfléchir. Ces temples qui ont été si chers au cœur de chacun des fidèles ont été enlevés.
L’Eglise orthodoxe et les fidèles orthodoxes qui ont été expulsés des églises orthodoxes sont soumis aux persécutions de la manière la plus affreuse. En même temps, notre pays, la Russie, ne se présente pas maintenant comme un état athée, il n’impose pas l’athéisme ou une autre idéologie « obligatoire ». En outre, les autorités russe essaient constamment de nous convaincre que notre pays est libre et puissant, qu’il est « debout après avoir été à genoux », qu’il est un état juste, et que ses autorités garantissent la liberté de culte, respectent les sentiments et convictions des croyants, particulièrement celles des orthodoxes. Avec insistance, ils nous assurent du renouvellement spirituel de la Russie, de la purification du peuple de la corruption morale héritée de l’époque soviétique athée.
Mais que voyons-nous au cœur de la Sainte Russie, dans l’antique centre de la sainteté russe, dans la ville de Souzdal ? Des fonctionnaires des forces de l’ordre du pouvoir actuel, jettent dans la rue le peuple orthodoxe russe, des citoyens russes, en lui ôtant les antiques temples orthodoxes qu’il avait de ses propres forces, avec foi et amour, avec des pensions de retraités et des salaires misérables, restaurés à partir de ruines et depuis lesquels avec l’autorisation de l’Etat, et sur des bases légales, il élevait ses prières vers Dieu.
Les tribunaux injustes, sur ordre des autorités, n’ont pas écouté les arguments raisonnables et clairs des fidèles et ont décidé de déshonorer notre foi. Ils furent totalement indifférents à ce que signifient pour nous, orthodoxes, les églises, qui ne sont pas seulement des « monuments culturels et historiques », mais des lieux où résident des choses saintes, où descend la gloire divine, des images de la Présence divine en ce monde. Il est impossible d’expulser les fidèles orthodoxes de l’église, de leur interdire d’y prier, sans offenser leurs sentiments et leurs convictions spirituelles. Les mêmes autorités qui affirment qu’il y a une renaissance spirituelle en Russie ont perpétré cette offense !
De telles choses en Russie ne sont pas survenues depuis le début des années 60 et des persécutions sous Khrouchtchev, bien que par bien des traits les persécutions actuelles rappellent énormément la plus sombre période l’histoire nationale, celle de la fin des années 30. Pourquoi osons-nous le dire ? Les persécutions des années 60, bien qu’elles aient conduit à réduire de moitié le nombre total d’églises ouvertes, et en dépit des actions blasphématoires et d’abus contre les fidèles, furent menés de façon « ponctuelle », comme on le dit aujourd’hui. Les autorités fermaient les lieux de culte en faisant le calcul que les fidèles pourraient se rendre dans l’église ouverte de la région ou de la ville la plus proche. Les persécutions actuelles contre notre Eglise Orthodoxe de Russie ont un caractère massif : les autorités nous expulsent de tous les temples historiques disponibles à Souzdal, et elles planifient dans un avenir proche de nous expulser de toutes les églises de campagne situées dans la région de Souzdal.
Contrairement aux organisateurs des persécutions khrouchtchéviennes, les persécuteurs actuels ne nous laissent même pas la moindre église, où, pour reprendre leurs propres termes, les fidèles pourraient satisfaire leurs besoins spirituels. Il en résulte que ces persécutions ne visent pas à restreindre la vie de l’église comme dans les années 60 mais à sa destruction totale –du moins dans sa forme légale et visible- c'est-à-dire la relégation totale de notre église dans les catacombes, à la clandestinité. De telles politiques gouvernementales rappellent la terreur stalinienne de la fin des années 30, avec l’unique différence qu’il n’y a pas encore eu d’exécution massives de clercs et de fidèles (la question se limite à l’intimidation et au harcèlement de la presse sous le vocable d’attaques contre les « ennemis du peuple »).
Comment est-il possible de concilier les assertions des autorités sur le renouvellement spirituel du pays et le soutien qu’apporte l’Etat aux croyants avec ces choses visibles aux yeux de tous : à Souzdal, des églises nouvellement restaurés dans leur antique splendeur, qui, jusqu’à récemment résonnaient d’hymnes liturgiques et de prières perpétuelles sont à présent fermées, scellées, rendues à l’Etat.
Allant à l’encontre du bon sens et de la loi, le « soi-disant » tribunal a enlevé les choses sacrées, les monuments historiques et culturels aux fidèles qui les ont restaurés à partir de ruines, qui ont réalisé un véritable embellissement de Souzdal et de ses environs, et les ont transférés à un état sans visage, représenté par un organe bureaucratique qui, en son temps, fut responsable de la transformation de ses églises en ruines ! Quelle loi, quelle logique justifie la « décisioné des juges entre deux usagers : celui qui a restauré et celui qui a détruit ? Pareille décision témoigne uniquement de leur participation à une action blasphématoire et staliniste ou de leur obéissance aveugle à des ordres venus d’en haut sans la moindre indication de sentiments humains et de valeurs.
Le pouvoir actuel mets « le comble à la mesure de ses pères » (Matthieu 23 :32), il atteint le comble de ces persécutions et sacrilèges menées par les soviétiques athées qui ont conduit notre pays, jadis beau, à se transformer en d’horribles ruines, qui portent sur eux-mêmes le sceau de la condamnation du Très-Haut.
Du point de vue spirituel, pour nous autres, les vrais chrétiens orthodoxes, le pouvoir actuel russe ne diffère en rien du pouvoir politique soviétique athée, lequel, soit dit en passant, il ne condamne pas et avec lequel il n’a pas rompu les liens de succession. Le Saint Confesseur de la Russie, le Patriarche Tikhon, qui fut torturé par ce pouvoir en raison de son honnêteté et de la fidélité à la Vérité anathématisa le pouvoir justement à cause des vexations massives contre les choses sacrées, à cause de la persécution des fidèles et la répression des clercs ? A présent, pour avoir rendu témoignage de cela, des liens spirituels entre le pouvoir russe actuel et le pouvoir soviétique, pour avoir dit que dans notre pays se poursuivent les persécutions et les discriminations contre les chrétiens orthodoxes, ils vont nous accuser d’extrémisme et nous soumettre à des persécutions encore plus grandes. Si tel est cet extrémisme pour lequel furent exécutés les Saints Nouveaux Martyrs et Confesseurs de Russie, nous leur répondrons que l’Eglise du Christ serait honorée d’être accusée de cette fausse accusation.
Les persécutions ne nous unissent pas uniquement à l’exploit de nos P_res –nouveaux Martyrs et confesseurs de Russie- mais elles nous font également communier avec Dieu le Verbe incarné, Notre Seigneur Jésus Christ, qui dit à ses disciples, c’est à dire, à nous chrétiens orthodoxes : « le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15 :20)
Nous adressons aux persécuteurs de l’Eglise orthodoxe autonome de Russie : « Que cherchez-vous avec ces vaines persécutions ? L’histoire bimillénaire de l’Eglise du Christ nous enseigne qu’il est impossible de détruire la confession de foi ? Pourquoi ne vous fiez-vous pas à l’expérience aux centaines de générations de bourreaux qui furent avant vous ? Voulez-vous montrer que vous êtes plus forts qu’eux ? Dans les Saintes Ecritures, il nous est révélé que même me représentant le plus puissant et influent de votre fraternité, l’Antichrist, qui usurpera le pouvoir sur toute la Terre et auquel obéiront toutes les tribus et les peuples ne pourra détruire la Véritable Eglise.
Peut-être vous est-il nécessaire que notre Eglise orthodoxe de Russie, le petit troupeau des derniers temps dégénèrent, et se fasse « seul esprit » avec vous comme cela est arrivé avec le sergianiste et oecuméniste Patriarcat de Moscou ? Oui, certains de vous nous invitent à aller directement à la rencontre du pseudo patriarche Kirill, à « suivre l’exemple » de l’Eglise Russe Hors Frontière, c'est-à-dire la partie qui s’est unie au Patriarcat de Moscou sur la base d’une pseudo-autonomie. Avec vos promesses, vous pouvez séduire quelques uns « de ces petits », peut-être quelques membres du clergé. « Plusieurs seront séduits, prédit Notre Seigneur Jésus Christ avant sa Passion sur la Croix, et ils se livreront les uns aux autres et ile se haïront les uns les autres. Et plusieurs faux prophètes viendront, et ils tromperont bien des gens ». (Matthieu 24 :10-11).
De telles apostasies ont toujours eu lieu dans l’histoire de l’Eglise. Elles ont été particulièrement massives au 20e siècle, quand l’Eglise eut à faire face à des persécutions d’une ampleur inouïe, quand les persécuteurs inventèrent une forme de séduction nouvelle et efficace : la création d’une fausse église entièrement soumise. Dans les années 20 et 30, dans notre pays, fut physiquement détruite quasiment l’antique génération des clercs actifs et des laïcs, après quoi, sur les fondements putréfiés du sergianisme et du rénovationnisme, le pouvoir soviétique créa une fausse église, extérieurement entièrement similaire à la Véritable Eglise Orthodoxe, « mais en reniant la puissance » (II 2 Timothée 3 :5 NdT « ils garderont la forme extérieure de la piété, mais ils en renieront la puissance. Eloigne-toi de ces hommes-là). Vous autres, nos persécuteurs, vous avez déjà une telle église, qui vous obéit en tout, qui vous appuie en tout, avec ses incalculables richesses, séduisant des millions de nos compatriotes avec la reflet de ses coupoles dorées et des iconostases dorées.
Qu’est notre église comparée au Patriarcat de Moscou avec ses millions de fidèles? « Une juridiction microscopique » comme le disent certains propagandistes du Patriarcat de Moscou. Mais à en juger par l’échelle et l’intensité des persécutions actuelle contre l’Eglise Orthodoxe de Russie, quand on parle de Vérité, la taille et les apparences extérieures n’ont pas grande importance. De fait, selon les considérations terrestres, nos dizaines de communautés et nos milliers de fidèles ne pourraient concurrencer ou représenter la moindre menace contre les dizaines de milliers de fidèles de paroisses et les millions de paroissiens du Patriarcat de Moscou. Il est impossible de mesurer les deux juridictions à la même échelle ! Mais vous autres, nos persécuteurs, nous harcelez cruellement et impitoyablement, ce qui signifie que vous ne pouvez vous sentir vainqueurs et puissant, quand une voix silencieuse murmure les paroles de la Vérité.
Ce ne sont pas les statistiques qui vous préoccupent mais la révélation au grand jour de l’iniquité de vos autorités et le témoignage contre la fausse église que vous avez créée ; c’est pour cela que vous ne pouvez nous laisser en paix, parce que de fait, tout compromis est impossible en matière de foi. Comme le dit le Saint Hiérarque Marc d’Ephèse, c’est la même chose de dire : « Enlevez votre tête et continuez ». Même si vous rencontriez du succès en faisant apostasier de leur confession de foi quelques uns de nos fidèles et les obligiez à s’unir au Patriarcat de Moscou, ou si vous parveniez à nous enlever toutes nos églises et à mettre fin à l’existence de notre église en tant que personne morale, rien ne changera. Le témoignage de la Véritable Orthodoxie, cependant, demeurera sur notre terre, et de surcroît, si ce témoignage vient des confesseurs dans les catacombes, persécutés par vous, il n’en sera que plus juste et légitime spirituellement aux yeux du peuple. L’Eglise du Christ n’est pas organisée comme votre régime politique ou comme votre fausse église du Patriarcat de Moscou. Plus la Véritable Eglise est persécutée, plus elle se renforce. Vous est-il difficile de croire qu’il en est ainsi ? Oui, votre très familier Patriarcat de Moscou vit selon vos règles (ou « vos compromis mutuels » comme vous le dites) : pour le pouvoir terrestre, c’est une question de vie ou de mort.
Mais la Véritable Eglise est un « Royaume qui n’est pas de ce monde », et ses lois sont à l’opposé des vôtres. Ecoutez ce que dit Notre Seigneur Jésus-Christ au haut fonctionnaire romain Ponce Pilate, dont la fonction correspondrait de nos jours à celle d’un gouverneur : « Mon royaume n’est pas de ce monde; s’il était de ce monde, mes serviteurs se battraient pour que je ne sois pas livré aux Juifs; mais mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18:36). Et notre Eglise ne dispose d’aucun pouvoir ou d’aucun instrument juridique pour faire face aux persécutions et aux autorités, mais elle ne peut être détruite. L’Eglise est en elle-même ce Royaume qui n’est pas de ce monde, qui a été instauré. L’heure est proche où la partie fidèle de notre peuple, comme les premiers chrétiens, quittera vos faux et resplendissants temples et sera conduite à la Lumière Incréée, Qui, un jour, resplendit dans un palais luxueux mais dans une humble grotte. L’église du Christ, que vous persécutez, retourne à sa demeure originelle, dans les catacombes, où il n’y a ni luxe ni richesse mais où « Dieu habite avec l’homme » (Apocalypse 21 :3) et où elle peut sentir clairement le souffle de l’Esprit Saint.
Que ce discours puisse servir de leçon à nos persécuteurs. Peut-être, certains d’entre eux n’ont-ils pas entièrement endurci leurs cœurs et sont encore capable d’entendre la Parole de Dieu. Que ces mots puissent leur servir en tant que premier pas sur le chemin du salut. Mais nous sommes loin de penser que nous pourrions l’emporter sur la majeure partie de nos persécuteurs ou loin de mettre notre « espérance dans les princes, dans les fils de l’homme ». Le Seigneur nous interdit strictement de mettre notre espérance en eux (Psaume 145 :3), car cela serait comparable à de l’idolâtrie, à la dégradation de l’Eglise en une organisation commercial, comme nous le voyons tristement dans le cas du Patriarcat de Moscou.
À présent, je voudrais m’adresser à vous avec quelques mots afin de vous affermir, vous tous, frères et sœurs bien-aimés, troupeau saint et choisi du Christ, qui vous a jugé digne du grand honneur d’être l’Eglise persécuté, de porter sur vous le sceau invisible de ses souffrances. Sur vous est tombée une grande et sainte bénédiction ! « Beaucoup de prophètes et justes désirèrent voir ce que vous voyer et ils ne le virent pas ; et entendre ce que vous entendez, et ils ne l’entendirent pas. » (Matthieu 13 :17). Car ce que vous voyez n’est pas la vaine et fausse gloire du monde, avec ses bulbes et ses iconostases recouverts d’or, mais ce que vous voyez est la véritable grandeur de l’Eglise des Nouveaux Martyrs, et vous vous unissez aux saints exploits des Confesseurs, bien que cela soit dans une moindre mesure et de façon supportable. Quel ineffable don de Dieu ! Quel océan infini de sa Bonté et de sa Miséricorde ! Il est uniquement nécessaire de porter jusqu’à la fin, avec honneur et dignité, le titre d’Eglise persécutée, et tenter de ne pas perdre la couronne du martyre.
Nous voudrions encore vous rappeler les paroles de Notre Sauveur, qui déclara à ses disciples après sa Résurrection : « N’ayez crainte ! Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre. Aussi, allez et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder toutes les choses que je vous ai enseignées, et moi je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » (Matthieu 28 :10, 18-20). Notre Eglise n’a pas souillé son vêtement, elle s’est maintenue fermement loyale à la Vérité, sans accepter le moindre compromis ; cependant elle est entièrement libre et possède la plénitude de la grâce divine. Pour le plus grand malheur des pouvoirs, à savoir « les gouvernants des ténèbres de ce siècle » (Ephésiens 6 :12), Elle n’a pas eu besoin de devenir spécialiste de questions diplomatiques ou de réaliser un mélange artificiel de la Révélation divine avec les mensonges serviles et complaisants. Notre Eglise accomplira sa mission quel que soient les circonstances, avec ou sans églises, dans la légalité ou dans les catacombes, avec le concours de plusieurs personnes ou avec celui d’une seule personne. Les circonstances historiques extérieures peuvent changer, mais le fonctionnement interne de l’Eglise demeure immuable, en accord avec la promesse du Seigneur : « moi je suis avec vous jusqu’à la fin des temps ».
Pour cela, aimés dans le Seigneur, je vous dis à nouveau : réjouissez-vous, n’ayez crainte, rendez témoignage à la Vérité, appelez tout le monde à rejoindre le sein salvateur de l’Eglise du Christ, persécutée sur terre, mais triomphantes aux cieux. Ne succombez pas au mensonge du renouveau spirituel, ni aux menaces, ni aux pressions. Ne craignez même pas la mort. Le Seigneur nous a libérés de cette peur. Il a vaincu la mort, elle n’a plus aucun pouvoir sur les chrétiens. Souvenez-vous : le Seigneur fut persécuté pour avoir démasqué les maîtres et les gouvernants de son temps, et finalement, ils le condamnèrent à une mort honteuse. Mais qui a remporté cette lutte entre le Bien et le mal, entre la Vérité et le mensonge, entre l’Amour et la haine. Aussi, ne cédez à aucun compromis, ne craignez pas de perdre quelque chose de ce monde, ne craignez pas de donner la vie pour le Christ car cette vie n’est qu’un instant de l’éternité, mais la mort pour le Christ est la fin la plus glorieuse et digne.
Souvenez-vous également que l’Eglise du Christ sur terre ne peut être détruite en aucune façon car le Seigneur a promis de a préserver jusqu’à sa Seconde Venue quand bien même elle ne serait qu’un « petit troupeau ». Quantitativement, l’Eglise sera de plus en plus petite, mais que cela ne vous perturbe pas car « Dieu n’est pas dans la puissance mais dans la vérité » (proverbe russe). Le plus important par vous est de vous garder des séductions des délices de ce monde, de l’apostasie et de la trahison de la Véritable Orthodoxie.
Et si vous demeurez fidèles jusqu’à la fin, vous hériterez le Royaume des Béatitudes qui vous est réservé depuis la création du monde. Là-bas, « Dieu sèchera toute larme… et il n’y aura ni mort, ni pleurs, ni cri, ni douleur ; car les choses anciennes ont disparu » (Apocalypse 21 :4). « Oui, viens Seigneur Jésus. La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous. Amen » (Apocalypse 22 :20-21).
Que le Divin enfant Jésus ne nous permette pas de demeurer indifférents aux Vérités et au destin de l’Eglise de Dieu ! Et que le cantique de Bethléem résonne toujours en nos cœurs : « Gloire à Dieu dans les hauteurs et sur terre bienveillance parmi les hommes » (Luc 2 :14)
Avec grand amour en Christ Jésus,
+ Valentin,
Métropolite de Souzdal et de Vladimir.
2009/2010
Nativité du Christ
Souzdal
Note du traducteur : Cela va faire plus d’un an que nous voulions traduire ce texte. Il fait partie des protocoles officiels de l’Eglise Orthodoxe Autonome de Russie, en date de 2008. Il a l’avantage d’expliquer clairement pourquoi le Patriarcat de Moscou ne peut être la vraie église russe : il est en effet issu d’un schisme en trois temps et a aggravé son cas en plongeant dans l’hérésie oecuméniste. La version anglaise est en ligne ici.
Rapport de l’Archevêque Hilarion de Smelyansk sur “Le statut canonique du Patriarcat de Moscou et des autres églises de l’orthodoxie mondiale”
Votre Eminence, Frères évêques,
À l’heure actuelle, le Patriarcat de Moscou appartient à la communauté appelée « Orthodoxie mondiale » que le synode des Evêques définit comme un conglomérat de groupes pseudo-ecclésiaux qui ont chuté dans l’hérésie de l’œcuménisme. Cependant, chacun de ces groupes possède sa propre histoire concernant sa perte de la grâce. Certains tombèrent immédiatement dans l’hérésie, et d’autres quittèrent l’Eglise plus tôt par un schisme.
A trois reprises, pas moins, le Patriarcat de Moscou a commis des transgressions, chacune d’elle suffisant à le mettre entièrement hors de l’Eglise. Ce fut en 1961 uniquement, que le Patriarcat de Moscou, après son triple schisme, adopta la confession de foi hérétique (œcuménique).
Le premier schisme intervint en 1927, quand le Métropolite Serge (Stragorodsky) usurpa l’autorité du Synode des Evêques, définit la « nouvelle voie » à suivre par l’Eglise dans ses relations avec les autorités athées, et soumit les Evêques qui refusèrent de le suivre à des persécutions illégales. Le Métropolite Serge commença à exercer l’étendue complète du pouvoir de Locum Tenens du Trône patriarcal alors que le Locum Tenens légitime, le Métropolite Pierre (Polyansky) était toujours en vie et tenta même de faire revenir le Métropolite Serge à la raison par ses lettres depuis l’exil. La majeure partie de l’épiscopat considéra l’action du Métropolite Serge anticanonique de même que son usurpation de l’autorité dans l’église et rompit toute communion avec lui.
Le second schisme du Patriarcat de Moscou intervint en 1936, quand, suite au faux rapport du NKVD sur la mort du Métropolite Pierre, le Métropolite Serge se proclama illégalement Locum Tenens du Trône Patriarcal et s’empara du Diocèse du Patriarche. Avec cela, dans un article dans le « Journal du Patriarcat de Moscou » de 1931, le Métropolite Serge annonça que les pouvoirs d’adjoint cessaient automatique avec le décès de la personne assistée par ce même adjoint, ce en quoi il avait plutôt raison.
Le troisième schisme du Patriarcat de Moscou survint en 1943 quand trois évêques qui avaient été envoyés par Staline, avec d’autres évêques du même bord, élirent le Métropolite Serge au poste de « patriarche ». Cette réunion de 19 évêques, qu’ils présentèrent comme un Synode des évêques n’avait reçu aucune forme d’autorité pour élire un quelconque patriarche, non seulement parce qu’à cette réunion seule une insignifiante partie de la hiérarchie de l’Eglise de Russie était représentée, mais aussi parce que selon les Décisions du concile locale de 1817-18, l’élection du Patriarche était la prérogative exclusive du Concile local. L’épiscopat canonique de l’Eglise de Russie, représenté par ses deux branches, l’Eglise des Catacombes et l’Eglise en Exil, refusa de reconnaître Serge en tant que Patriarche et confirma de la sorte la chute complète du Patriarcat de Moscou qu’il dirigeait dans le schisme
Du schisme, le Patriarcat de Moscou évolua vers l’hérésie après son adhésion au Conseil Œcuménique des Eglises (COE) en 1961, qui signifiait sa participation à l’œcuménisme. En intégrant le COE, la délégation du Patriarcat signa la confession de cette organisation œcuménique, admettant par là au nom du Patriarcat de Moscou en entier, qu’ils avaient la même confession de foi que le COE. Maints documents du Patriarcat de Moscou depuis les années 60 contiennent une confession explicite de l’hérésie oecuméniste. Par ces actions, le Patriarcat de Moscou a donné à tous les Chrétiens orthodoxes des raisons suffisantes pour se séparer de lui en tant que groupement hérétique, et ce en accord avec le canon 15 du Concile de Prime-Second.
Quant à savoir si oui ou non l’hérésie de l’oecuménisme fait toujours partie du Credo officiel du Patriarcat de Moscou, il suffit de noter que non seulement le Patriarcat de Moscou ne s’est jamais repenti de son hérésie, mais il a également refusé de quitter le COE. À chacun des 4 derniers synodes des évêques (1994, 1997, 2000, 2004), la hiérarchie a adopté des décisions hérétiques confirmant la participation du Patriarcat de Moscou dans le mouvement œcuménique, décisions exprimant la voix entièrement libre de cette hiérarchie. Cela signifie que toutes les tentatives soutenant que la participation du Patriarcat de Moscou à l’hérésie de l’œcuménisme était imposée par les autorités athées est sans fondement.
Ce n’est pas à cause d’un seul acte d’iniquité de la part de quelques évêques en 1927 que le Patriarcat de Moscou est en situation de schisme. Leur schisme a été confirmé à 3 reprises ; ils n’ont pas tenté de réparer les conséquences de ces actes même quand les conditions politiques rendaient la chose possible dans les années 90. En plus de cela, au schisme, s’est ajouté l’hérésie. Ainsi, la séparation du Patriarcat de Moscou peut être justifiée tout autant sur la base du canon 15 de Prime Second que sur la base qu’il a complètement chuté dans l’hérésie. Notre synode des évêques affirme que pour l’heure, le statut spirituel et canonique du Patriarcat de Moscou ne diffère pas sensiblement de celui de l’Eglise catholique romaine.
Notre synode considère comme une tentative futile le fait de fier une date concrète de la chute de telle ou telle communauté hors de l’Eglise. Au lieu de cela, notre synode considère qu’à l’heure actuelle, ni le Patriarcat de Moscou, ni l’orthodoxie mondiale dans son ensemble n’ont de lien avec l’Eglise du Christ. Cela signifie qu’il ne peut y avoir de mystères réels de l’Eglise dans ces communautés.
Dans ces groupes qui ressemblent à l’église, tout comme dans le genre humain en général, seule la grâce divine générale œuvre, celle qui appelle l’homme au salut. Cette grâce les appelle en premier lieu à une vie plus sobre, centrée sur Dieu et ensuite, les forces inévitablement à considérer d’un œil critique leur vie ecclésiale artificielle hors de l’Eglise et à quitter l’hérésie et le schisme pour revenir vers la vraie foi. Ils sont aidés en cela par les traditions liturgiques de l’Eglise orthodoxe qu’ils parviennent à maintenir : les offices, la vénération des icônes, des reliques et l’écoute de la parole de l’Evangile.
Le synode des évêques de l’Eglise orthodoxe autonome de Russie, ayant entendu le rapport de l’Archevêque Hilarion, sur la base de la Tardition sacrée et des saints canons de l’Eglise du Christ décide : « Le soi-disant Patriarcat de Moscou n’est pas le véritable successeur de l'Eglise Orthodoxe de Russie et, par son schisme en trois temps, qui l’a exclu de l’Eglise de Russie, lui et toutes ces églises de l’orthodoxie mondiale qui sont en communion avec lui, ont quitté l’Orthodoxie, et par conséquent, l’Eglise du Christ, pour l’hérésie de l’œcuménisme. Pour cette raison, toute communion entre fidèles de l’Eglise orthodoxe autonome de Russie et le Patriarcat de Moscou ainsi que toute église de l’orthodoxie mondiale est intolérable. Ceux qui pratiquent pareille communion par ignorance devraient recevoir une épitimie et ceux qui la pratiquent délibérément devraient être exclus de l’Eglise. Le synode des Evêques appelle tout le clergé, les moines et moniales et les laïcs de l’Eglise orthodoxe autonome de Russie à explique activement aux membres du Patriarcat de Moscou et des autres églises de l’orthodoxie mondiale, le caractère désastreux du chemin qu’ils suivent »