Zographou, Esphigmenou, même combat

Publié le par Theophylactère

La tension est montée récemment autour du monastère d’Esphigmenou, avec le déploiement massif de policiers. Toutefois, elle semble être retombée à en croire un correspondant américain, administrateur du site www.esphigmenou.com : la police s’est retirée du fait des nombreuses protestations venues de Grèce et de l’étranger. Nous en profitons pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés par la prière et l’envoi de courriers, fax et email aux autorités grecques.

 

Nous en profitons aussi pour évoquer les martyrs du monastère de Zographou, dont voici l’icône.

 

 

 

On y voit les moines regroupés au sommet d’une tour à laquelle des soldats viennent de mettre le feu. Elle fait référence aux 22 moines athonites et 4 laïcs, martyrs au monastère de Zographou commémorés le 10 octobre (dans le calendrier religieux soit le 23 octobre selon le calendrier civil). Voici leur histoire. Après le Concile de Lyon promu par l’Empereur Michel VIII Paléologue et le Patriarche de Constantinople Jean Bekkos, des soldats latins basés en Roumanie envahirent le Mont Athos afin d’imposer cette fausse union. La sainte montagne l’avait rejeté par une lettre à l’empereur déclarant entre autre : « Nous voyons clairement que vous êtes un hérétique mais nous vous implorons : rejetez tout cela et demeurez dans l’enseignement que vous avez reçu. Rejetez les nouveaux enseignements dépourvus de sainteté et basés sur une fausse connaissance, qui ajoutent des conjectures à la foi ».  Ainsi, les soldats s’attaquèrent au monastère d’Iviron ainsi qu’à celui de Vatopedi. En ce temps là, il y avait au monastère de Zographou un saint higoumène du nom de Thomas qui avait pour habitude de réciter l’acathiste à la Déipare (1)  devant une icône de la Mère de Dieu et ce maintes fois par jour.

 

Un jour, l’Ancien entendit la Déipare (représentée sur l’icône) lui parler et l’avertir que les soldats latins approchaient. Elle conseillait à ceux qui désiraient la couronne du martyr de rester sur place, et aux autres, plus faibles, de s’enfuir et de se réfugier dans la montagne. L’higoumène prévint les moines. Seuls restèrent avec lui 21 moines et 4 laïcs qui se trouvaient au monastère. Ensemble, ils se barricadèrent au sommet d’une tour, emportant avec eux l’icône miraculeuse. Quand les soldats francs arrivèrent, ils les sommèrent d’abjurer leur foi. Les soldats mirent donc le feu à la tour. Pendant que les flammes se propageaient, les 26 martyrs ne cessèrent de prier. Après la fin de la tragédie, l’icône fut retrouvée intacte dans les ruines de la tour. Jusqu’à ce jour, elle demeure dans ce monastère.

 

Ainsi, n’en déplaise aux mauvaises langues qui laissent à entendre que les athonites n’ont jamais souffert pour le Christ, la Sainte Montagne a aussi ses martyrs et ses persécutés qui avaient opté pour le refus de l’uniatisme promu par le pseudo-concile de Lyon, et considéraient bel et bien le catholicisme comme une hérésie.

 

 

 

(1) : Déipare est une traduction de Théotokos terme qui signifie "celle qui enfante Dieu" et non comme beaucoup, le croient Mère de Dieu; Déipare n’est qu’une forme francisée du latin Deipara qui lui-même traduisait Théotokos. Feu Jean-Louis Palierne affectionnait particulièrement ce mot, qui seul traduit au sens littéral Théotokos. Signalons que les langues espagnoles et portugaises connaissent le mot « Deipara ».

Publié dans orthodoxie-libre

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