La contrition selon Saint Nicodème l'Hagiorite

Publié le par Theophylactère

Cet extrait est une traduction depuis l'anglais d'un extrait du « Manuel de la Confession » de Saint Nicodème l'Hagiorite, en vente ici. Il prend place dans la troisième partie du livre consacrée aux conseils aux pénitents. Saint Nicodème décrit la contrition et incite le pénitent à l'acquérir. Nous proposons aussi un passage consacré à l'afflication.



« La contrition est la peine parfaite du cœur qui envahit la personne qui, à cause des péchés commis, a déçu Dieu et transgressé Sa loi divine. Cette contrition ne vient qu'à ceux qui sont parfaits et à ceux qui sont enfants de Dieu, car elle provient uniquement de l'amour de Dieu, tout comme un fils se repent simplement parce qu'il a déçu son père, et non parce qu'il a été déshérité ou chassé de la maison paternelle. Au sujet de cela, le divin Chrysostome dit : « Gémissez après que vous ayez péché, non pas parce que vous serez puni (car cela n'est rien), mais parce que vous avez offensé votre Maître, celui qui est si gentil, qui est si bon, celui Qui vous aime tant et désire ardemment votre salut au point d'avoir donné Son fils pour vous. En raison de tout cela, gémissez » [Homélie de Saint Jean Chrysostome sur II Corinthiens]. [ ...] Afin d'acquérir la contrition, considérez combien vous avez traité Dieu de façon injuste par vos péchés. [...]


1) Par vos péchés, vous avez offensé et déshonoré le Très Haut et Grand Dieu -vous qui n'êtes qu'un ver avez déshonorez le Tout Puissant, vous qui n'êtes que de l'argile avez offensé et déshonoré le Créateur de tout, vous qui n'êtes rien avez offensé et déshonoré l'Être Infini- car vous avez transgressé Sa loi : « Tu déshonores Dieu par la transgression de la loi » (Romains 2 :23).


2) Par vos péchés, vous vous êtes révélé être un esclave et un fils ingrat à l'égard d'un Maître si bon et d'un Père rempli d'affection, Qui vous a aimé avant les siècles ; ce n'est pas à cause de votre valeur, mais uniquement à cause de Sa bonté qu'il a décidé en Sa divine pensée de vous créer alors qu'il aurait pu en créer d'autres à votre place. Vous l'avez déshonoré car vous vous êtes montré ingrat à l'égard du Dieu qui vous a mené à l'être, Qui vous a créé à Son image et à ressemblance, Qui vous a donné un corps contenant tous les sens et une âme avec toutes les facultés, Qui vous a fait roi de toutes les créatures, Qui vous a donné la nourriture nécessaire, les vêtements nécessaires, une maison, Qui a commandé à ses créatures sensées de vous servir, Qui vous a sauvé de tant de dangers, maladies et de la pauvreté dont tant d'autres personnes souffrent, Qui vous a donné un ange pour demeurer à vos côtés et vous garder.


Vous avez déshonoré Dieu car vous vous êtes montré ingrat vis-à-vis de votre grand Bienfaiteur, Qui a ordonné que vous naissiez de parents chrétiens, Qui vous a reçu tant de fois à Ses Mystères, Qui a fait de vous son enfant par le Saint Baptême, Qui vous a racheté des mains des démons, Qui s'est fait homme pour votre salut, Qui a répandu son sang jusqu'à la dernière goutte pour faire de vous l'héritier de son royaume, Qui tant de fois a attendu votre repentance après que vous ayez péché, alors qu'il en condamnait beaucoup d'autres qui avaient commis des péchés moindre, Qui vous a suivi quand vous vous éloigniez de lui, Qui vous a parlé, vous a aimé, vous a supplié, désirant votre salut.


En somme, vous avez déshonoré Dieu parce que vous vous êtes montré ingrat à l'égard d'un tel Maître, Qui a répandu sur vous tant de bénédictions et de grâce, en partie et en totalité, de façon cachée et manifeste, et la pire chose de toutes est qu'au moment où vous receviez toutes ces grâces sous vos yeux, vous, créature ingrate, avez osé Lui offrir en retour vos actes mauvais.


Ô mon frère pécheur ! Si jamais quelqu'un vous donnait seulement une seule de ces bénédictions, vous ne sauriez comment le remercier. Mais quand ce n'est pas un homme, mais le Dieu tout puissant, le Créateur de tous les anges vous a accordé tant de grâces, comment se fait-il qu'au contraire, vous faites preuve d'ingratitude à son égard ? Demandez-vous, mon frère, demandez-vous comment se fait-il que la terre vous porte encore et ne se soit pas encore ouverte pour vous avaler vivant. Demandez-vous comment se fait-il que le ciel ne vous ait pas frappé d'éclairs pour vous carboniser ; comment se fait-il que l'air que vous avez pollué de vos péchés, n'ait pas encore émis des vents toxiques afin de vous empoisonner, et comment se fait-il que tous les éléments ne se soient soulevés contre vous comme des bêtes afin de vous avaler vivant, incapables de supporter de vous voir vous, l'apostat et le  fourbe, montrer une telle ingratitude par vos péchés à l'égard de leur Créateur, qui est aussi votre plus grand Bienfaiteur : « Race perverse et retorse, est-ce le Seigneur que vous en rendrez responsable » (Deutéronome 32 :5).



3) Vous avez déshonoré Dieu car par vos péchés vous avez commis une injustice et une moquerie inouïes contre la rédemption que le Fils de Dieu a accompli pour vous, parce que vous l'avez placé une seconde fois sur la Croix, vous avez foulé au pied son amour, vous avez profané Son Très Saint Sang, vous avez insulté la grâce de Son Esprit, vous avez ouvert Ses plaies, vous avez renouvelé les crachats, les soufflets, la couronne d'épines, la flagellation, les clous, la lance et toutes les souffrances et humiliations, vu que vous avez commis le péché, qui fut la cause de Sa Crucifixion : « ils crucifient de nouveau, pour leur part, le Fils de Dieu et le déshonorent publiquement » (Hébreux 6 :6), dit le divin Paul.


Ô mon frère, si vous considérez ces trois lances par lesquelles vous avez blessé Dieu en péchant, je suis certain que vous rugirez et gémirez comme un lion à cause de vos péchés : « Je gémis à cause du trouble de mon cœur » (Psaume 37 :8-9), et vous haïrez le péché et vous en serez dégoûtés, et votre cœur sera brisé en un millier de morceaux, même s'il était insensible et dur comme la pierre ; vous le ferez verser des larmes de sang. Ainsi, autant que possible, concentrez-vous et méditez sur ces trois points en vu d'acquérir la sainte contrition, qui est la plus noble et la plus précieuse partie de la repentance : il s'agit d'être triste pour le seul motif que vous avez péché contre Dieu et attristé le Saint Esprit, selon la parole de l'Apôtre : « N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu » (Ephésiens 4 :30).


Publié dans orthodoxie-libre

Commenter cet article