Les trois saints docteurs : origine de la fête

Publié le par Theophylactère

Ce texte est traduit de l’espagnol et du blog du Père Nicolas Vera ici

 

 

L’origine de cette fête remonte à l’empereur byzantin Alexis I Comnène (1081-1118). Apparut alors dans les milieux ecclésiastiques de Constantinople des divergences sur les saint Pères Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome afin de savoir lequel était le plus grand. Le premier groupe préférait Saint Basile car il avait été le meilleur de tous les recteurs, supérieur par son verbe et son œuvre, un homme qui égalait quasiment les anges, modéré, qui ne pardonnait pas avec négligence et étranger aux choses terrestres. Il sut expliquer les mystères de la nature mieux que quiconque, organisa le monachisme, mena l’Eglise dans sa lutte contre l’hérésie, fut un pasteur et réalisant maints exploits ascétiques et faisant preuve de droiture. A leurs yeux, Saint Jean Chrysostome lui était inférieur car il était tolérant à l’égard des pécheurs.

 

Le deuxième groupe exalta le rang de Saint Jean Chrysostome en pensant qu’il était le plus affectueux du fait de sa compréhension de la faiblesse de la nature humaine ; avec ses homélies inspirées, il conduisit tout le monde vers le repentir ; il expliqua la parole divine en l’appliquant habilement à la vie quotidienne comme aucun autre saint ; en outre, il était le meilleur en matière d’art rhétorique, en témoigne son nom de « Bouche d’or ».

 

Le troisième groupe exalta Saint Grégoire le Théologien du fait de la profondeur et de la pureté de son langage : il posséda la sagesse et la rhétorique des Grecs et l’orienta vers la contemplation de Dieu ; ainsi, nul autre n’exprima le dogme de la Sainte Trinité comme il le fit.

 

Pareille débat ne fut pas le propre des maîtres et intellectuels mais se diffusa parmi le peuple : tel était basilite, tel autre chrysostomite ou encore grégorite… et les problèmes commencèrent. Aussitôt les trois Saints apparurent dans une vision à un évêque du nom de Jean (Morobo) et lui dirent : « Comme tu le vois, nous sommes égaux devant Dieu ; ni division, ni opposition. Chacun de nous a appris en son temps de l’Esprit Saint et écrivit et prêcha ce qu’il convient pour le salut des hommes. Parmi nous, il n’y a ni premier, ni second ; si l’un de nous est mentionné, les autres seront d’accord avec lui. Ordonne donc à ceux qui exagèrent de cesser ces différends ; tel nous étions dans la vie, tel nous sommes après la mort, cherchant à établir la paix et l’harmonie dans toute l’Eglise. Pour cela, instituez un jour commun en notre honneur et informez les fidèles que nous sommes égaux devant Dieu » […]

Publié dans orthodoxie-libre

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