Esphigmenou : 80 ans de défense de la Foi orthodoxe

Publié le par Theophylactère

  

 

 

Alors que les monastères athonites qui commémorent le Patriarche Bartholomé II, viennent de publier une lettre remarquable condamnant l'oecuménisme, il nous paraît opportun de nous pencher sur le monastère d’Esphigmenou. Ce dernier, depuis 1972, a cessé de commémorer le Patriarche de Constantinople et a par ailleurs rompu toute communion avec les dix-neuf autres monastères athonites, manifestant par là son désaccord avec les excès oecuménistes du Phanar. Afin de jeter un éclairage sur cette question, nous rappellerons la chronologie des événements ainsi que les fondements canonique et historique de la position de ces moines.  

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Chronologie  

 1924 : le Patriarcat de Constantinople adopte le « nouveau calendrier ». La communauté du Mont Athos cesse de commémorer le Patriarche à l’exception du Monastère de Vatopédi, qui va utiliser le nouveau calendrier jusqu’à 1971   

 

1927 : le Patriarcat de Constantinople et le Mont Athos parviennent à un compromis. La communauté athonite accepte de commémorer à nouveau le Patriarche en attendant qu’un concile œcuménique ne traite la question du calendrier  

 

1965 : le Patriarcat de Constantinople lève les anathèmes prononcés contre l’Eglise romaine. L’un après l’autre, les monastères athonites cessent de commémorer le Patriarche Athénagoras   

 

1971 : une réunion extraordinaire des représentants des 20 monastères du Mont Athos décide de laisser chaque monastère libre de commémorer ou pas le Patriarche œcuménique selon sa conscience.  

 Peu après, les higoumènes André et Eudokimos des monastères de Saint Paul et de Xenphontos, favorables à cette résolution sont remplacés sur intervention du Phanar et expulsés du Mont Athos   

1972 : les moines d’Esphigmenou hissent des drapeaux noirs pour protester contre les prières communes entre le Patriarche Athénagoras et le Pape.  

 

1974 : la communauté du Mont Athos, à l’instigation du Patriarcat œcuménique, condamne l’higoumène d’Esphigmenou ainsi que trois moines du même monastère à être expulsé du Mont Athos. Face au refus des intéressés de s’exécuter, l’armée grecque impose un blocus maritime et terrestre de quatre mois: les moines déploie sur leur monastère le célèbre drapeau avec inscrit dessus « L’Orthodoxie ou la Mort »  

 

2002 : En novembre, la communauté du Mont Athos convoque les moines d’Esphigmenou devant un tribunal pour répondre de 88 « chefs d’inculpation ». Les moines ne s’étant pas présentés mais ayant répondu par écrit, la communauté du Mont Athos déclare la fraternité d’Esphigmenou illégale et lui donne jusqu’au 28 janvier 2003 pour quitter le monastère.  

 

2003 : la police grecque assiège le monastère à partir de janvier. En février, un jeune moine trouve la mort au volant de son tracteur en chutant du haut d’une colline : il tentait de récupérer un tracteur du monastère resté dehors en profitant de la nuit. En mars, le Conseil d’Etat grec ordonne la levée du blocus du monastère  

 2005 : la Patriarche Bartholomé met sur pied une fraternité monastique concurrente à laquelle sont attribués tous les biens du monastère d’Esphigmenou (comptes en banque, bateau…)  

 En octobre, le blocus reprend de plus belle ; le monastère ne peut plus être ravitaillé en nourriture et médicament, ni même recevoir la visite de médecins. Cela a causé la mort de 4 moines fautes de soins. 

 

 2006 : en octobre, un tribunal grec condamne les moines d’Esphigmenou à deux ans de prison pour « occupation illégale » du monastère et trouble à « l’ordre public ». Les moines font appel de la sentence.   

Le 20 décembre, les membres de la fraternité érigée  Bartholomé II attaque violemment dans leur sommeil les moines installés dans les bureaux à Karyes (village de la péninsule de l’Athos). La bagarre fait sept blessés.  

 

Le 25 décembre : sous la pression médiatique, le gouvernement grec annule l’opération destinée à expulser les moines d’Esphigmenou. Cependant, le blocus demeure en place.  

 

Le 30 décembre, les 20 monastères de l’Athos (y compris la nouvelle fraternité d’Esphigmenou créée par le Patriarche) publient un communiqué condamnant l’œcuménisme  

 

Le 31 décembre, le Métropolite Kirill de Somlensk invite le Patriarche œcuménique à ne pas utiliser la force contre les moines d’Esphigmenou. 

 

Fondements canonique et historique de la résistance d’Esphigmenou

 

 

 

Le canon XIV du Concile de Prime-Second est explicite : 

 

15. Du schisme des métropolitains d'avec leurs patriarches  

Les décisions prises à propos des prêtres et des évêques s'appliquent encore plus à propos des patriarches. C'est pourquoi, si un prêtre ou un évêque ou un métropolitain osait se séparer de la communion de son patriarche et ne commémorait pas son nom, comme cela fut établi et fixé, pendant la divine célébration des mystères, et si, avant qu'un synode d'évêques ne le cite à son tribunal et ne le condamne définitivement, il provoquait un schisme, celui-là le saint synode a décidé qu'il soit complètement dépouillé de toute dignité sacerdotale, dés qu'il sera convaincu d'avoir commis cette iniquité.   

 

Ces décisions ont été prises et confirmées contre ceux qui sous le prétexte de quelque accusation se séparent des supérieurs hiérarchiques et provoquent des schismes et déchirent l'unité de l'Église. Car ceux qui pour la raison d'une hérésie condamnée par les saints synodes ou par les Pères, s'écartent de la communion de leur supérieur hiérarchique, à condition que celui-ci prêche publiquement l'hérésie et l'enseigne tête découverte du haut de l'ambon à l'église, ceux-là, non seulement ils ne seront pas sujets à la peine canonique, en se défendant de communier avec le prétendu évêque avant l'instruction de sa cause par un tribunal d'évêques, mais même ils auront les honneurs dus aux défenseurs de l'orthodoxie; car ils ne condamnèrent pas des évêques, mais des faux évêques et des faux docteurs et ils ne déchirèrent pas l'unité de l'Église par des schismes, mais au contraire ils s'efforcèrent de préserver l'Église de schismes et de divisions.

 Il convient d’admettre qu’en matière d’œcuménisme, le Patriarcat de Constantinople a maintes fois pris des positions qui vont à l’encontre de l’ecclésiologie orthodoxe et notamment à l’encontre de l’article du Symbole de Nicée « Je crois en une Eglise, une Sainte, Catholique et Apostolique, je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés». On peut ainsi citer (et la liste n’est pas exhaustive), la levée des anathèmes contre les Latins, les prières communes avec les hérétiques, la reconnaissance du Pape comme évêque canonique de Rome, la reconnaissance en Australie par le Patriarcat œcuménique du baptême d’un certain nombre de confessions chrétiennes (Covenant agreement). Tout ceci conforte l’adogmatisme et son corollaire, la théorie des branches selon laquelle l’Eglise du Christ ne se trouverait pas pleinement dans l’église orthodoxe mais serait divisée en une multiples dénominations.

Les moines d’Esphigmenou ont interrogé le Patriarche à ce sujet et jamais il n’a daigné répondre. Jusqu’à ce jour, il n’a pas non plus été possible de réunir le moindre tribunal ecclésiastique au niveau du Synode du Patriarcat de Constantinople ou des représentants de toutes les églises locales, pour résoudre la question. La position du monastère d’Esphigmenou est donc entièrement justifiée.

 Elle rejoint également l’attitude des moines athonites qui s’opposèrent au Patriarche de Constantinople Jean Bekkos en raison de la fidélité de ce dernier au Concile de Lyon qui imposait entre autre le Filioque aux orthodoxes. La majorité des hagiorites  préféra le martyr plutôt que de se soumettre au Patriarche de Constantinople. Ainsi, vingt-six moines du Monastères de Zografou furent brûlés vivant au sommet de la tour du monastère (vers 1276).     

 

Sources

 

 

 

 1° Pour l'histoire du conflit, le site www.esphgimenou.com (anglais). Vous y trouverez les moyens d'aider les moines d'Esphigmenou 

2° Le canon XIV du Concile de Prime-Second est tiré de la version du Pédalion mise en ligne par le Hiéromoine Cassien sur son site. Pour accédre directement au Pédalion, cliquer ici. 

 

 

3° Le Covenant Agreement peut être consulté intégralement en anglais ici (format PDF) 

 

 

A la page 9 (point d), nous lisons : 

 

 

"Nous acceptons de reconnaître le sacrement du baptême administré dans les autres églises et à promouvoir l'usage d'un certificat de baptême commun. 

 

 

Signataires : 

 

 

Eglise anglicane d'Australie 

 

 

Eglise orthodoxe d'Antioche (Patriarcat d'Antioche) 

 

 

Eglise arménienne apostolique 

 

 

Congretionnal Federation of Australia 

 

 

Archidiocèse grec-orthodoxe d'Australie (Patriarcat de Constantinople) 

 

 

Eglise luthérienne d'Australie 

 

 

Eglise catholique romaine d'Australie 

 

 

Eglise orthodoxe de Roumanie 

 

 

Uniting church in Australia" 

 

 

 

Publié dans orthodoxie-libre

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Carl 20/06/2007 21:00

Pardon pour les fautes d'orthographes, j'aurais du me relire mais c'est venu du coeur d'une traite

Carl 20/06/2007 20:58


Pour moi c'est difficilement compréhensible car je suis baptisé chrétien mais il y presque deux ans j'ai redecouvert la foi en allant
à la crypte de saint-Sulpice (j'allais journellement aux liturgies aux vepres j'ai même fait le carême dans un monastère roumain ) mais depuis plusieurs mois, je suis perdu, je n'y vais pas je n'y vais plus je suis un peu ecartelé c'est un peu indescriptlble mais c'est un peu comme si j'avais perdu quelque chose ( je trouve les gens roumains les plus sympathiques au monde et posés, attentifs, spirituels sont l'envers d'un occidentalisme de modernisme effréne ou les valeurs sous toutes ses formes se perdent ). Moi je ne me reconnais plus dans ma religien de chrétien par contre même si je ne suis pas orthodoxe j'assiste ( et cela me met en grand repose de l'âme ) aux liturgies mais j'ai un manque. En fait je ne peux être christmé cela demande "quelque chose " que je n'ai pas. Voila un peu mon attristement. En fait je pense qu'une religion comme le protestantisme ne peut s'accorder avec le catholicisme et de même il y a peut-être moins de convergence avec l'orthodoxie mais qui sont quand même indiscutables. Tout ce que je peux dire je le dis en tant que Chrétien et catholique la vrai religion c'est l'Orthodoxie, car elle restera toujours en elle-même, elle-même.
Carl