Décembre 2006 : première lettre athonite

Publié le par Theophylactère

Les lecteurs français auront sans doute entendu parler début 2007, d’une lettre adressée par les représentants des vingt monastères athonites au Patriarche œcuménique pour protester contre sa ligne oecuméniste, qui s’était notamment manifestée par la réception de Benoît XVI à Constantinople pour la fête de Saint André. Il faut signaler que cette lettre est en réalité une réponse à un autre courrier datant de décembre 2006 dans lequel des moines athonites de base reprochaient à leur « hiérarchie » son manque de réaction face aux menées oecuménistes de Bartholomée II. Jusqu’à ce jour, cette première lettre n’avait été publiée qu’en anglais mais en voici la traduction française.

 

 

En mars 2007, nos moines de base ont récidivé, et réagissant au communiqué officiel du Mont Athos, ils ont dévoilé son manque de courage et son hypocrisie. Le texte de mars 2007 se trouve ici.

 

 Une lettre ouverte aux Saints Higoumènes et Saints représentants des vingt saints monastères de la Sainte Communauté de la Sainte Montagne

 Décembre 2006

 

 

  Saints Higoumènes et Saints Pères

 Bénissez !

 

 Nous désirons par la présente lettre exprimer notre plus profonde inquiétude et notre plus profonde tristesse pour ce qui arrive à notre Sainte Orthodoxie depuis des années déjà : des choses qui détruisent l’enseignement des Saints Apôtres et des Saints Pères et qui sont contraires à tous les Saints Canons édictés par les conciles œcuméniques et locaux. Nous nous demandons si un concile œcuménique a été assemblé et a aboli les canons qui interdisent la prière commune avec les hérétiques, ou si le Pape s’est repenti et a renoncé aux hérésies du Filioque, de la primaute du Pape, de l’infaillibilité, du pain non levé, du feu purificateur [NdT : le purgatoire], de la grâce créée, de l’immaculée conception de la Toute Sainte Déipare et à bien d’autres hérésies, la plupart condamnée et anathématisée de façon répétée par des conciles orthodoxes et la totalité des Saints Pères.

 Le ciel fut en colère et les Saints Pères excessivement attristés de voir et d’entendre ce qui est arrivé au Phanar à l’occasion de la fête du Saint Apôtre André le 30 novembre de cette année [NdT : 2006] – du jamais vu en deux mille ans d’histoire de l’Eglise : « Les dogmes des Pères sont méprisés, les traditions apostoliques dédaignées, les églises sont sujettes aux nouveautés des innovateurs » comme le dit Saint Basile le Grand, parlant des événements de son temps.

 Les choses se passèrent littéralement sens dessus dessous. Au lieu que le pape hérétique soit placé à un endroit « inférieur », tel qu’on voit les hérétiques dépeints sur les icônes des Saints Conciles, et qu’il soit renvoyé de la Divine liturgie sur la base de l’instruction liturgique : « les portes, les portes, soyons attentifs à la sagesse », nous l’élevâmes sur un trône en hauteur, où il s’assit portant une omophore ; les diacre orthodoxes l’encensèrent ; le Patriarche échangea le baiser de paix avec lui à l’acclamation « Aimons-nous les uns les autres » ; en tant que président, il [le Pape] proclama le « Notre Père » ; le chœur des chantres lui chanta de « Longues années », ainsi qu’un tropaire spécialement composé par un hymnographe athonite – Seigneur, aie pitié-, si, bien sûr ce que rapportent les journaux est exact ; on lui permit aussi de donner au peuple sa bénédiction ou plutôt sa malédiction, si l’on suit les canons [ NdT il existe un canon interdisant de recevoir les bénédiction du clergé hérétique, bénédiction qui est surtout une malédiction].

 Nous avons permis que l’Eglise militante sur Terre soit divisée de l’Eglise triomphante des Saints dans le ciel et soit unis aux églises et assemblées des fourbes hérétiques. Nous avons insulté les saint Martyrs et Confesseurs qui ont lutté jusqu’à la mort contre les hérésies, parce que nous avons présenté leurs combat et martyrs comme sans résultat et inécessaires. Les Bienheureux Pères athonites martyrisés sous [le Patriarche œcuménique favorable au concile de Lyon] Bekkos pour avoir refusé de commémorer le Pape ne se lamenteront-ils pas en voyant que non seulement nous rejetons leur exemple par notre  silence mais en fait faisons tout le contraire ? Pourquoi alors, tous ces Martyrs ont-ils souffert le martyr et pourquoui ces Confesseurs ont-ils tenu bon dans leur profession de foi ?

 Vous savez, Révérends Pères, mieux que nous, les actions, déclarations etdécisions anti-orthodoxes et blasphématoires du Patriarche œcuménique, et des autres Primats et Evêques qui à haute voix et visiblement prônent – tête nue- l’acceptation et l’enseignement de la panhérésie oecuméniste, la plus grande hérésie ecclésiologique de tous les temps. Cette enseignement hérétique nient le caractère unique de l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, et la met au même plan que les hérésies, en reconnaissant une grâce sanctifiante et salvatrice aux mystères des hérétiques. En plus de la reconnaissance du baptême des catholiques et des luthériens, nous avons aussi la participation au même calice avec les monophysites, et dans beaucoup de cas avec les papistes dans les Cyclades et dans l’émigration.

 Nous constatons avec une plus grande tristesse que ces dernières années, le leadership spirituel de la Sainte Montagne n’a pas fait face à ces manifestations d’apostasie avec la force et le courage des confesseurs comme le firent les précédents Pères athonites. Le Patriarche a évalué nos réponses, et comme elle manquent de courage et sont très souvent inexistante, il continue sans obstacle vers l’union avec un pape impénitent, qui demeure empêtré dans les hérésies. Il nous a jugés et s’est grandement réjoui lors de sa dernière visite au Mont Athos, de telle sorte qu’on dirait qu’il était venu pour recevoir le consentement et la bénédiction des Athonites pour tout ce qu’il avait planifié avec le Pape les jours suivants.

Nous, humbles moines et hiéromoines, avouons avoir été scandalisés par le silence et l’inaction de nos pères spirituels du Mont Athos, et avec nous, l’entière assemblée des moines chrétiens orthodoxes, aussi bien en Grèce qu’à travers le monde. Ils attendent tous d’entendre la voie du Mont Athos.

 Nous avons appris de vous, les plus sage et les plus érudits, que quand la foi est menacée, nous devrons rendre des comptes si nous demeurons silencieux ou nous nous dérobons, comme le dit Saint Théodore le Studite. Un moine, en particulier, ne doit pas autoriser la plus légère innovation e matière de Foi, selon ce Saint Père, grand higoumène, organisateur de la vie monastique, et le Geronda de nous tous. Il ne craignit pas les menaces et les persécutions des empereurs et patriarches iconoclastes, mais à Constantinople même, dans l’enceinte du Saint monastère du Stoudion, il organisa une procession avec un millier de moines portant des flambeaux et tenant les Saintes Icônes interdites.

  Saint Sabbas le Sanctifié et Théodose le Cénobite, également grandes figures monastiques, rassemblèrent dix mille moines de Palestine devant Jérusalem et sauvèrent l’orthodoxie de l’hérésie du monothélisme.

 Qui, aujourd’hui sauvera l’Eglise de la redoutable hérésie de l’œcuménisme et de la tromperie du Papisme ? Les lettres de protestation, que la Sainte Communauté [de l’Athos] a envoyé à maintes reprises au Patriarche œcuménique n’ont eu aucun effet. Le temps n’est plus aux mots mais à l’action. Nous ne voulons pas vous enseigner, nous pêcheurs ignorants et misérables ; nous ne voulons pas non plus apparaître comme des Confesseurs. Nous voulons plutôt soulager notre conscience orthodoxe et monastique ; nous voulons honorer et suivre la conduite des Saints Martyrs et Confesseurs, particulièrement ceux martyrisés sous Bekkos. Nous ne voulons pas nous dérober, ni placer les monastères et nos fraternités au-dessus de la pureté de la Foi, au-dessus de Dieu et de la Vérité.

 Nous croyons qu’après tant protestations écrites et orales et après tant d’objections, de parjures, après tant de marches arrière et de compromis, la seule chose qui fera plaisir aux orthodoxes et remplira de honte les cacodoxes sera la cessation de la commémoration du patriarche et de tous les évêques qui partagent son opinion ou gardent le silence.

 Rassemblez-vous, Saints Pères, les moines cénobitiques, les skites et les kelli [petite maison isolée dans laquelle vivent des moines] en une assemblée monastique « de combat », -sur la Sainte Montagne ou pas- et renversons les tours de l’hérésie, du Papisme et de l’œcuménisme. Menez le bon combat pour la foi. Si vous n’agissez pas, nous préférerons faire ce qui plaît à Dieu et non ce qui appaise l’homme.

 Que Dieu nous éclaire tous, que la Toute Sainte Déipare protège et bénisse son Jardin ; et qu’ils [Dieu et la Mère de Dieu] protègent l’église orthodoxe de ceux qui diffame la Déipare et des hérétiques qui combattent les Saints, ainsi que des pasteurs timorés qui laissent le troupeau sans protection face aux attaques des loups.

 Demandant vos prières, nous les signataires, vous présentons nos respectueuses salutations, 

 

 

 

 

 

Vient ensuite la liste des signataires

 

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Publié dans orthodoxie-libre

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