Mars 2007 : 2e lettre ouverte des moines de l'Athos

Publié le par Theophylactère

Avec retard, nous publions ce document, à nouveau ignoré et/ou passé sous silence dans le petit monde orthodoxe francophone. Rappel des épisodes précédents. Fin 2006, pour la fête de Saint André, le Patriarche œcuménique Bartholomé reçoit le Pape Benoît XVI en grande pompe au Phanar. Ceci suscite une première protestation de moines de base du Mont Athos en décembre 2006. Cette première lettre (publiée dans l’édition du 5 janvier 2007 de la revue Orthodox Typos n°1671) se trouve publiée ici et c’est à notre connaissance la seule traduction qui en existe en français.

Suite à cette première missive, la Sainte Communauté se fend aussi d’une déclaration qui, elle, reçoit un écho plus large. Elle y condamne les actions du Patriarche. Certains voient là un modèle de la résistance à l’œcuménisme.

La lettre que nous publions ici va peut-être amener les admirateurs de la Sainte Communauté à revoir leur opinion. Publiée le 23 mars 2007 dans la revue grecque Orthodox Typos (n°1682), et avec pour auteurs ces mêmes moines de base, elle dénonce la duplicité, l’hypocrisie et le manque de courage de la Sainte Communauté. Cette traduction et établie à partir d’une version anglaise disponible ici.

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Nous devons avouer que nous n’avons pas pu nous procurer des informations sur les suites de ces divers courriers au Mont Athos. Certains moines, notamment dans les skites, auraient-ils cessé de commémorer le Patriarche Bartholomée ?


Deuxième lettre ouverte des moines athonites à la Sainte Communauté de la Sainte Montagne de l’Athos. Avec notification au Patriarche œcuménique.

Critique de l’attitude molle de la Sainte Communauté face à la apostasie colossale.



Saints Higoumènes et Saints Pères, bénissez :


Nous ressentons le besoin, dans cette seconde lettre, de nous exprimer une seconde fois et de manifester notre plus profonde peine suite aux deux récentes Déclarations de la Sainte Communauté du Mont Athos ; l’une fut adressée à la presse religieuse et l’autre à la presse quotidienne et aux mass média. A priori, nous considérons que ces deux Déclaration ont été faites pour rassurer et tromper ceux de nous qui sommes inquiets et réagissent contre l’évolution anti-orthodoxe et hérétique prise à notre époque par le Patriarche œcuménique Bartholomé.

En premier lieu, la Déclaration de la Sainte Communauté est questionnable et inepte.

D’une part, elle est questionnable car, alors qu’elle devrait être adressée aux deux leaders de la panhérésie oecuméniste, c’est à dire le Patriarche Bartholomé et l’archevêque Christodoulos [d’Athènes], elle est adressée aux média, comme si les média étaient responsables des écarts dont il est question. En outre, la poltronnerie de la Sainte Communauté à censurer les instigateurs du crime – ceux qui, piètres représentants de l’Eglise, trahissent la Foi- est aussi révélée ici. La Sainte Communauté s’est tournée vers les média, proclamant son orthodoxie de façon théorique et sans avoir à rencontrer de difficultés, orthodoxie qui est douteuse pour les raisons que nous évoquerons ci après. Notez que nous, qui avons aussi envoyé une première lettre, n’avons pour l’heure reçu aucune réponse.

D’autre part, cette déclaration est aussi inepte car la Sainte Communauté a fait tant de déclarations et confessions par le passé – telle celle du 9/22 avril 1980 que vous citez dans la déclaration à la presse religieuse- sans produire aucun effet substantiel. Etant donné cela, nous ne pouvons percevoir aucun but à cette Déclaration autre que celui de nous apaiser et de faire bonne figure.

A présent, nous souhaitons vous relater ce qui ne fut pas de notre goût dans ces deux déclarations, et quelles actions, à notre avis, la Sainte Communauté devrait prendre dans les circonstances présentes.

1. Louant le Patriarche œcuménique, mais étant incapable de trouver en lui le moindre combat pour la foi, ou la moindre type de confession qui produirait des résultats ou une attitude dans la lignée des Pères, vous faites référence à sa défense des droits du Patriarcat, à son soutien aux Eglises orthodoxes, et à sa promotion du message de l’Eglise orthodoxe dans le monde. Toutes ces chose –pardonnez-nous- sont de pieuses paroles. Et en ce qui concerne la promotion du message orthodoxe dans le monde, nous croyons que ce que vous affirmez est mensonge et fausseté. A mois, bien sûr, que vous ne considériez les prières et les cérémonies avec les hérétiques, la reconnaissance des mystères des hérétiques et même la préoccupation pour l’environnement comme une promotion du message orthodoxe.

2. Vous affirmez alors que vous vivez le mystère de l’Eglise et préservez votre conscience dogmatique comme la prunelle de vos yeux. Sur ce point, vous invoquez les combats des confesseurs de la Foi, et particulièrement le Saint Athonite Saint Grégoire Palamas, et les moines athonites martyrs qui furent mis à mort par le patriarche latinophile Jean Bekkos. Saints Pères, il faut à ce niveau se demander comment vous pouvez vivre le mystère de l’Eglise alors que vous commémorez un patriarche hérétique, et comment vous invoquez les Saints Pères qui se sont opposés à Jean Bekkos; ces Saint Pères furent mis à mort précisément parce qu’ils ne commémoraient pas et ne reconnaissaient pas le Patriarche Bekkos qui était tombé dans le papisme. Le grand Saint Grégoire Palamas, lui-même un athonite, ne reconnaît pas comme membre de l’Eglise de Christ, celui qui ne possède pas la vérité et ne la confesse pas en parole et en acte, qu’il soit moine, higoumène, évêque ou patriarche : « Car ceux qui sont de l’Eglise du Christ sont de la vérité ; et ceux qui sont de la vérité ne sont pas de l’Eglise du Christ, et ils se trompent eux-mêmes en s’appelant saints pasteurs. Car l’on nous a appris que la Chrétienté est caractérisée non par des personnes, mais par la vérité et l’exactitude de la Foi ».

Comment alors, est-ce possible pour le Patriarche d’appartenir à la véritable église orthodoxe, lui qui récemment a réalisé cet acte théâtral avec le Pape le jour de la fête du Saint Apôtre André, à Constantinople, lui qui considère nos ancêtres qui ont créé le schisme avec les papistes comme étant dans l’erreur. Car le Patriarche a déclaré : « … Nos ancêtres, qui nous ont légué cette séparation, furent les infortunées victimes du serpent, l’auteur du mal, et sont déjà dans les mains de Dieu, le Juste Juge. Nous implorons la miséricorde divine pour eux, mais nous devons, devant Dieu, redresser leurs erreurs » (Episkepsis, n° 563 [30 novembre 1998], p6].)

Comment est-il orthodoxe, lui participe au Conseil Œcuménique des Eglises (COE) ; en un mot, lui qui est le champion et pionnier de l’hérésie oecuméniste ?

Nous devons aussi signaler que votre phrase « Nous préservons notre conscience dogmatique comme la prunelle de nos yeux » n’est pas correcte, car la conscience dogmatique de chaque personne ou de plusieurs personnes, peut s’écarter de la vérité, même si, comme vous le dites, elle est édifiée par des textes patristiques orthodoxes; c’est quelque chose qui arrive souvent. Vous auriez du dire « nous préservons la conscience dogmatique de l’Eglise orthodoxe comme la prunelle de nos yeux », ce qui est naturellement exprimé par les Saintes Ecritures, les Saints Synodes et les Saints Pères.

3. Vous affirmez que « nous craignons de demeurer silencieux chaque fois qu’un problème concernant l’héritage des pères survient ».

Nous devons à nouveau soulever une objection ici. Ces dernières années que la Sainte Communauté parle ou garde le silence, cela revient au même. Car quand elle parle, elle parle sans prendre de risque, d’une façon timorée et impersonnelle, pas simplement avec respect pour les institutions mais avec obséquiosité envers les personnes. Elle parle principalement en prenant garde à ne pas être condamnée par les leaders ecclésiastiques et politiques et les puissants de ce monde, de telle façon qu’elle n’encourt pas les conséquences de ce qu’elle dit.

En un mot, elle tire à blanc, comme les feux d’artifice qu’on entend pour la nouvelle année, qui sont spectaculaires, mais que personne ne craint.

Il va sans dire que les Saint Pères ne parlaient pas de telle façon ni de défendaient les vérités de la foi de la sorte.

4. Vous affirmez également : « Le Pape fut reçu comme s’il était l’évêque canonique de Rome »

Nous pensons que, sur ce point, le Patriarche Bartholomé est plus honnête que la Sainte Communauté car il a agi en accord avec ce qu’il pense du Pape, durant la Divine liturgie, devant les yeux du monde entier.

Il s’adresse au Pape en l’appelant son bien-aimé frère en Christ, reconnaissant la validité de ses mystères, considère ceux qui nous ont protégé de l’hérésie papale comme d’infortunée victimes du démon, place le Pape sur un trône élevé durant la Divine liturgie lors de la fête patronale, etc.

Saint pères, qu’avait-il besoin de faire d’autre pour le considérer comme l’évêque canonique de Rome ?

Cependant, le problème est différent et c’est la que réside le manque de sincérité de la Sainte communauté.

En effet, la foi du Patriarche est partagée, en essence, par tous ceux qui le commémorent, en accord avec l’enseignement des Saints Pères et de la Tradition de l’Eglise. Nous vous rappelons les mots des moines athonites martyrs –que vous dites vénérer et honorer tout particulièrement-, qui firent remarquer à l’empereur latinophile Michel VIII :

« Car l’église orthodoxe de Dieu, depuis toujours, considère la commémoration du nom de l’évêque dans le sanctuaire comme une parfaite communion avec lui. Car il est écrit dans l’explication de la divine liturgique que le célébrant commémore son évêque, montrant à la fois sa soumission à l’égard de son supérieur et qu’il est participant avec lui et son successeur dans la foi et les Saints Mystères »

De cette confession des moines athonites martyrs et de la totalité de la tradition liturgique de l’église, il devient clair qu’en matière de foi, la Sainte Communauté s’identifie avec le Patriarche dans son attitude par rapport au Pape, au COE, à l’œcuménisme, etc.

Par extension, Pères, en adressant cette protestation timorée aux mass media, vous tentez d’éteindre l’incendie de l’hérésie avec un arrosoir.

5. Plus loin, vous affirmez que les tropaires chanté au Pape ne furent pas composés par un moine athonite. Bien sûr, vous l’affirmez pour démentir l’information donnée par les média.

Nous devons, là encore, mettre l’accent sur les points suivants. Chacun a pu voir à la télévision que le représentant du patriarcat, le protopresbytre Dr Georgios Tsetses, était présent lors de la retransmission en direct des événements, expliquant et commentant ce qui s’y passait. Ainsi, si les média avaient été mal informés, le prêtre en question aurait dû les corriger et être le premier à démentir, vu qu’il est censé être au courant de tout ce qui se passe au sein du patriarcat.

En outre, comment la sainte communauté peut-elle être si sûre que les tropaires ne furent pas composés par un moine athonite, vu qu’il apparaît à travers des commentaires de la Communauté qu’elle émet une conjecture :

« Nous mettons à profit cette occasion pour informer les pieux Chrétiens orthodoxes que le compositeur n’est pas et ne pouvait pas être un athonite »

A nouveau ici, la couardise de la Sainte Communauté à censurer ses supérieurs afin que la vérité soit révélée apparaît clairement. Que le compositeur soit nommé et que les démentis ne soient pas nécessaires.

Toutefois, ceci est surprenant, Pères. Comment se fait-il que vous soyez si offensé par la question du compositeur du tropaire, considérant comme une insulte à la sainte montagne que le compositeur soit un athonite, mais que vous ne soyez pas offensé par le contenu du tropaire et que des honneurs du à un saint soit rendus au Pape ? Car les tropaires sont seulement chantés aux Saints, jamais aux vivants, même s’ils sont en toute chose orthodoxes et saints.

Alors comment jugez-vous le Patriarche adressant au Pape l’exclamation « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », qui fait référence au Christ. Et comment jugez-vous les Tropaires qui lui furent chantés ?

« La cité de Constantinople, le chandelier du premier appelé, célèbre la fête radieuse, recevant le primat de la vénérable église romaine, le siège du chef des apôtre. Avec amour fraternel et de tout cœur, prions joyeusement : réside en nous, Ô consolateur, nous menant à ta vérité, afin que nous te glorifions d’une seule bouche et d’un seul cœur »

et « Le très honorable vaisseau de l’orthodoxie, à présent se réjouit de recevoir le vénérable pasteur et primat de l’Ouest ; et il se réjouit, offrant un fervent sacrifice de louage, pieusement implorant le Christ : sauvegarde ton monde par ton pouvoir, le préservant dans l’harmonie, car tu est suprêmement Dieu »

Est-ce juste un problème dans le choix des mots ou est-ce que cela prouve l’étendue de la corrosion du patriarcat et la façon dont sont foulées au pied toutes les choses dans l’orthodoxie ?

Nous, signataires, penchons pour la deuxième hypothèse. Notre opinion est renforcée par le fait que toutes ces choses furent dites à un tel moment sacré, aux yeux du monde entier, au plus grand ennemi de l’orthodoxie à travers les âges : à lui qui fait la guerre à l’orthodoxie depuis 10 siècles ; à lui qui par l’Uniatisme a latinisé des multitudes sans nombre d’orthodoxes ; à lui qui aspire à devenir Dieu sur terre.

Membres de la Sainte communauté, êtes-vous content de publier un démenti sur l’identité du compositeur du tropaire sans vous rendre compte –et en affirmant en même temps que vous vivez le mystère de l’église- que nous, orthodoxes, à l’unanimité, avons chanté ce tropaire au pape et, qu’à travers le patriarche, nous avons dit « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », et que nous avons échangé le baiser de paix avec lui, lui dont Saint Côme d’Aitolia a dit que nous devons le maudire comme un antichrist et comme source du mal ; que nous lui avons chanté de longues années, afin qu’il puisse avoir de nombreuses années pour mener à bien ses plans de domination mondiales ; et finalement que nous lui avons permis de bénir l’assemblée chrétienne, afin qu’il puisse montrer son autorité sur elle, et nous, notre complète soumission à lui qui vient en « son propre nom »?

Il convient de noter, ici, que le tropaire en question été publié par la presse avant la fête patronale à laquelle il a été chanté (voir Bema Kyriakes, 26 novembre 2006) ; cela prouve, d’une part, le désir et le zèle du patriarche à marcher sur le sentier de l’apostasie ; et, d’autre part, que les règles élémentaires de décence et de mesure ont à présent disparu, de telle sorte que les choses les plus iniques qui mènent à l’Antichrist, sont promues avec la plus grande facilité.

Et une dernière chose, avant que nous finissions de traiter d’hymnographie et de courtoisie verbale. La Sainte Communauté sait certainement que durant la visite du Patriarche au Monastère de Karakallou, quelques jours avant le show de la fête patronale à Constantinople, les moines du monastère ont chanté des mégalynaires à leur grand visiteur, spécialement composées en son honneur, évidemment par un moine athonite. Nous aimerions savoir comment votre conscience dogmatique –que vous préservez comme la prunelle de vos yeux- juge cet événement.

6. Il est vrai que, quand vous évoquez les déviations et les erreurs papales, vous parlez avec exactitude. Tout croyant pourrait relater ces choses, et malheureusement beaucoup d’autres encore, sur l’état « misérable » et la chute du papisme.

Ce qui est incompréhensible, c’est comment l’on peut justifier le fait de frayer entre orthodoxes et papistes à un niveau ecclésiastique et liturgique, ainsi que l’accointance avec ceux qui sont sortis du corps du Christ et ont apostasié ?

Les paroles de Saint Chryosostome à ce sujet sont révélatrices : « Celui qui se réconcilie avec les ennemis du roi ne peut être l’ami du roi, et la vie ne lui est même pas accordées mais il va à la perdition avec les ennemis »

A cet instant, nous devons également noter avec regret, les mots de la Sainte Communauté, qui, nous le croyons montre la véritable intention de cette Déclaration : « De surcroît, (ce que font le Patriarche et l’Archevêque d’Athènes] incite certains des pieux fidèles orthodoxes – qui sont troublés par les événements anticanoniques qui arrivent- à se couper du corps de l’Eglise, créant ainsi de nouveau schisme » !

Franchement, Pères, rompre avec un évêque, un métropolite ou un patriarche à l’esprit hérétique peut-il être compris comme une rupture d’avec le corps de l’Eglise et une création d’un nouveau schisme ? Si vous considérez, alors nous devons vous faire remarquer que votre conscience dogmatique souffre de la maladie papale. Vous devez aussi –dans une telle optique- désavouer une multitude de Saints et Confesseurs, qui ont rompu avec des évêques et patriarches hérétiques, et vous devez spécialement désavouer ces moines athonites martyrs qui ont rompu avec le patriarche latinophile Jean Bekkos; c’est à dire, ceux que vous affirmez dans votre déclaration, honorer et vénérer.

Et bien sûr, vous devez désavouer tous ceux qui, à une période plus récente, cessèrent de commémorer le Patriarche Athénagoras, à cause de la très célèbre levée des Anathèmes. Vous devez aussi sortir deux canons sacrés du Pédalion : le 35e canon apostolique et le 15e canon de Prime Second sous Saint Photius.

Ainsi, selon la théologie du Nouvel Âge, -qui à coup sûr ne diffère en rien de la théologie papale- afin de ne pas se couper de l’église et de ne pas créer de schismes, nous devons nous soumettre aux hérétiques et commémorer Jean Bekkos, Athénagoras, Bartholomé, Christodoulos et ainsi de suite.

Pères, si cela était l’enseignement de l’église, alors l’église serait anthropocentrique et elle n’aurait pas la vérité pour critère, mais plutôt l’opinion d’un évêque, comme dans le cas du papisme. Alors, les luttes des Pères pour la foi et ce jusqu’à aller au martyr ne seraient pas nécessaires vu que la Foi serait exprimée par la bouche de l’évêque, auquel tous doivent se soumettre.

Finalement, si cette théologie existait, alors l’orthodoxie n’existerait plus depuis longtemps, car elle aurait été balayée par les erreurs des évêques et la vigilance relâchée des fidèles orthodoxes.

Par tout ce que vous dîtes dans votre déclaration, il est évident que vous justifier pleinement l’attitude de la Sainte Communauté à l’égard des Moines persécutés du Monastère d’Esphigmenou.

Franchement, comment votre conscience dogmatique vous permet-elle de vous mettre du côté des persécuteurs, quand vous savez que ces Pères cessèrent toute commémoration et toute communion avec le Patriarche aux penchants hérétiques et ce pour des raisons de FOI ?

De plus, depuis que la Sainte Montagne est incluse dans les programmes européens et que vous bénéficiez des subventions européennes et avez des penchants européens, vous êtes incapables d’articuler le moindre mot de protestation et de résistance orthodoxe. Au lieu de cela, vous vous comportez toujours de façon servile et vous soumettez à vos sponsors.

Il est lamentable qu’afin de réparer et restaurer nos monastères, nous ayons abandonné leur Protectrice, la Toute Sainte, et ayons couru à l’argent facile et pécheur de l’Europe, démolissant les limites établies par les Saints Pères.

Nous savons tous, toutefois, que personne ne donne sans exiger quelque chose en retour. Et la Sainte Montagne paie déjà pour son manque de foi et son attachement aux programmes européens.

7. Vers la fin de votre Déclaration, entre autre choses, vous proclamez ceci : « Tant que le dialogue avec les hétérodoxes vise à les informez de la foi orthodoxe de telle façon qu’ayant été divinement illuminés et qu’ayant eu les yeux ouverts, ils retournent à la foi orthodoxe, ce dialogue n’est pas répréhensible ».

Il est également lamentable, Pères, que bien que le dialogue avec les hétérodoxes soit conduit depuis près de 40 ans, nous n’ayez toujours pas compris son but. Et si vous ne le comprenez pas, que pouvons-nous attendre des simples laïcs chrétiens ?

N’avez vous pas peut-être réalisé que, depuis tant d’années, les Papistes d’une part n’ont pas bougé d’un pouce de leurs erreurs tandis que nous, d’autre part sommes étouffés par la ferme étreinte de la bête papale ?

N’avez-vous pas compris que la seule chose à laquelle est parvenue le dialogue avec les hétérodoxes est de créer la division entre les orthodoxes, comme c’était le cas avec le concile de Ferrare-Florence –entre unionistes et anti-unionistes, ou plus précisément, entre orthodoxes et latinophiles ?

Vous affirmez à la fin : « ils peuvent donner l’impression que notre église orthodoxe reconnaît les catholiques romains comme une église pleine et entière et le pape comme l’évêque canonique de Rome ». Qu’entendez-vous par le terme « Eglise pleine et entière » ? Peut-être est-ce pour dire que nous reconnaissons les papistes comme une église mais non comme une église pleine et entière ? Quant à nous, nous savons que Rome était une église avant le schisme, mais après le schisme elle est tombée et n’est plus une Eglise. Nous pensons que vos expressions « église pleine et entière » et « évêque canonique de Rome » mène à de nouveaux démons.

8. En conclusion, vous affirmez « Par la grâce de Dieu, la Sainte Montagne demeure fidèle à la Foi des Saints Apôtre et des Saints Pères ».

Nous croyons qu’après ce qui a été dit, afin que la Sainte Montagne demeure fidèle à la Foi des Saints Apôtre et des Saints Pères, elle doit prendre ses distances de l’actuel patriarche, qui pense et agit de façon hérétique. Et la façon indiquée par les Pères en pareille circonstance est de cesser la commémoration. Mais tant que vous demeurez unis par la commémoration avec l’actuel patriarche, c’est un non sens de maintenir que vous luttez pour la foi des Saints Apôtre et des Saints Pères.

NOUS AIMERIONS dans ce qui suit, proposer des actions qu’à notre avis, la Sainte communauté aurait dû entreprendre afin que sa position soit réellement une confession de foi en accord avec la tradition patristique.

a) La Sainte communauté aurait dû depuis longtemps censurer le Patriarche, qui manque de fermeté dans la foi, car nous sommes tous parti prenante à travers l’unité de l’Eglise.

Car en accord avec la confession des Saints que vous vénérez et évoquez dans votre Déclaration, les moines athonites martyrs qui protestèrent sous Bekkos,

« C’est pour cela que de plus grand péchés pénètrent, car de plus petits n’ont pas été corrigés ; et si les corps de ceux qui ignorent leurs plaies connaissent la fièvre, la gangrène et la mort, il en est de même des âmes. Ceux qui ignorent les petites choses commettent de plus grandes, car si ceux qui osèrent transgresser les lois divines et changer une petite chose avait été corrigé dès le début, cette plaie jamais ne serait née, et cette grande tempête n’aurait jamais submergé l’église ; car celui qui change la moindre part de la foi salvatrice contamine tout ».

La mal commença avec l’hérétique Encyclique du Patriarcat Œcuménique de 1920, se poursuivit avec le changement de calendrier, fut aggravé par l’entrée dans la Babylone du COE ; dégénéra en croissance cancéreuse avec la Levée des Anathèmes, fut transformé par le biais du dialogue théologique en un théâtre d’ombres ; devint dangereux avec la reconnaissance des mystères hérétiques des monophysites à Chambésy en 1990, des papistes à Balamand en 1993, et récemment des Luthériens à Constantinople ; et finalement conduisit à de grandioses jamboree liturgiques de leaders hérétiques, afin que la soumission de l’orthodoxie aux principes du New Age puisse être officiellement attestée.

La mort spirituelle vient juste après ; tous ceux qui prennent part activement ou tacitement à l’apostasie planifiée qui mène à l’Antichrist sont retranchés du corps millénaire de l’Eglise.

b) Ensuite, étant donné que le Patriarcat Œcuménique continue sa descente spirituelle, la sainte communauté aurait dû depuis longtemps prendre ses distances en cessant la commémoration, afin qu’elle soit en sécurité et demeure en communion avec l’église de toujours ; ainsi agirent ceux qui protestèrent sous Bekkos et plus récemment la majorité des moines athonites sous le Patriarche Athénagoras, qui cessèrent de le commémorer à cause de la levée des Anathèmes.

c) La Sainte Montagne n’aurait pas dû tomber dans le piège des subventions économiques européennes afin que d’une part ses moines puissent vivre pauvrement et simplement et d’autre part, afin qu’il soient capable de parler librement, censurant avec audace les mauvais comportements dans et hors de l’Eglise.

L’esclavage économique de la Sainte Montagne est le coup de grâce à sa chute dogmatique.

d) La sainte montagne entière devrait être unifiée dans son opposition à l’hérésie de peur de devenir un objet de ridicule et de scandale aux yeux du monde à cause des divisions et des luttes entre les moines.

e) Nous, signataires, pensons que vous, membres de la Sainte Communauté, avez reçu l’occasion grâce au show provocateur et théâtral de la dernière fête patronal au Phanar, de vous réveiller et d’abandonner l’inertie que vous avez jusque là manifestée. Mais nous fûmes une nouvelle fois déçus quand nous lûmes les déclarations timorées et sans objet, qui étaient manifestement rédigées pour rassurer les moines inquiets du cours que prend la Sainte Montagne.

Nous avons déjà dit clairement dans notre première Lettre que, si vous ne faisiez aucun effort pour suivre la voie des Saints Apôtres, des Saints Pères et des conciles œcuméniques, nous ferions ce qui plaît à Dieu et non ce qui plaît aux hommes.

Nous vous notifions que, si vous ne donnez pas une réponse pleinement orthodoxe au Patriarche qui s’écarte des canons et les abroge, nous reconsidérerons le fait d’être en communion avec la Sainte Communauté et le Patriarcat œcuménique.

Dans l’espoir que cette lettre vous conduira à reconsidérer vos positions ecclésials et dogmatiques à l’égard des oecuménistes et, finalement, à vous aligner sur les positions des Saints Pères, nous demeurons dans l’expectative.

Vu qu’une collecte de signature de la Sainte Montagne en entier est matériellement impossible, les premières signatures suivent. Nous croyons que ceux qui confessent l’Orthodoxie ajouteront leurs signatures.

[Suit la liste des signatures]



Le journal Orthodox Typos fait remarquer que deux moines ont demandé à voir leur nom retirés jugeant la lettre trop dure sur les points concernant Esphigmenou et les aides européennes ainsi que le danger de schisme. Ces noms furent donc retirés.



Publié dans orthodoxie-libre

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