Au sujet du jeûne de mercredi et de vendredi

Publié le par Theophylactère

Cet extrait provient du Manuel de la Confession de Saint Nicodème l’Hagiorithe. Ici, le saint revient sur le jeûne de mercredi et vendredi et sur sa similitude avec celui du grand carême. La traduction est établie à partir de l’édition anglaise publiée par Uncut Mountain Press (pages 269-272)

 

« Le canon 69 des Saints Apôtres indique que tout évêque, prêtre, diacre, sous-diacre, lecteur ou chantre qui ne jeûne pas pendant le Grand Carême et mercredi et vendredi doit être déposé. Si un laïc ne jeûne pas durant ces périodes (à moins qu’il ne puisse jeûner pour des raisons de santé), il doit être excommunié. Voyez-vous comment les Apôtres ont placé les jeûnes de mercredi et vendredi au même rang que celui du Grand Carême ? Donc, de même que le jeûne du Grand Carême consiste à manger de la « nourriture sèche », à savoir manger une fois par jour, à la neuvième heure [note du traducteur : cela correspond à 15h], sans consommer d’huile ni ne vin, celui de mercredi et de vendredi doit être mené de la même façon [Note du traducteur : les samedi et dimanche du carême, vin et huile sont autorisés et deux repas peuvent être pris]. Saint Epiphane dit également : « Nous jeûnons les mercredi et vendredi jusqu’à la neuvième heure ». De même, Philostorgios dit que le jeûne de mercredi et de vendredi ne se résume pas à l’abstention de viande mais il indique que l’on ne doit manger aucune nourriture avant le soir. Saint Benoît (canon 41) indique aussi que le jeûne de vendredi et de samedi est rompu à la neuvième heure. Et Balsamon interdit la consommation de fruits de mer les mercredi et vendredi, de même que pendant le Grand Carême. En conséquence, cessons de penser de façon insensée que le jeûne des mercredi et vendredi n’est pas une directive des Apôtres, car voyez, les apôtres dans leurs canons classent ce jeûne avec celui du Grand Carême, et dans les Constitutions Apostoliques, ils lui accordent le même rang que celui de la Semaine Sainte en disant : « On doit jeûner pendant la Semaine Sainte et mercredi et vendredi ».

 

Mais pourquoi dis-je que cette directive vient des seuls apôtres. Elle vient du Christ lui-même, car c’est ce que les Apôtres disent dans le Livre V, chapitre 14 des Constitutions : « Il (c'est-à-dire le Christ) nous a ordonné de jeûner mercredi et vendredi ». Donc, nous jeûnons ces jours selon le saint Hiéromartyr Pierre (canon 15) : « Mercredi car ce jour l’assemblée des Juifs s’est réunie pour trahir notre Seigneur ; vendredi parce que ce jour Il a souffert la mort pour notre salut ». Le divin Jérôme dit la même chose.

 

Donc, comme le jeûne du Grand Carême est équivalent à celui de mercredi et vendredi, il s’ensuit que pour ceux qui sont malades et faibles, l’assouplissement du jeûne est opérée de façon identique pendant ces deux périodes. Pour cette raison, comme les canons 8 et 10 de Timothée autorisent une femme enceinte à consommer autant de vin et d’huile que nécessaire pendant le Grand Carême, ceci s’applique aussi au jeûne du mercredi et du vendredi. La même chose s’applique pour ceux qui sont faibles du fait d’une maladie sérieuse : ils sont autorisés à consommer de l’huile et du vin durant ces périodes de jeûne. Ainsi le dit le divin Jérôme : « Le jeûne de mercredi et vendredi ne doit pas être rompu à moins d’une raison impérieuse ». Le divin Augustin dit la même chose.

 

Mais parce que ceux qui aiment la viande désirent manger et rompre les jeûnes du Grand Carême, de mercredi et de vendredi ou prétendent être malade (sans l’être réellement) ou s’ils sont réellement malades, ils affirment que l’huile et le vin ne leur suffisent pas pendant leur maladie, à cause de ces prétextes, un père spirituel ou un hiérarque ne doit pas croire d’emblée ces dires, mais devrait solliciter l’avis d’un médecin expérimenté et craignant Dieu au sujet de ces personnes, et, selon ses recommandations [note du traducteur : celle du médecin], autoriser les malades à rompre le jeûne.

 

Nous devons aussi signaler la chose suivante : de même que l’on doit jeûner de nourriture mercredi, vendredi et pendant le Grand Carême, on doit aussi jeûner des plaisirs de la chair. »

 

Publié dans orthodoxie-libre

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