Esphigmenou: persécution et désinformation

Publié le par Theophylactère

Ces dernières semaines ont été marquées par un regain de  tension autour du monastère d’Esphigmenou sur mont Athos. Les faits se sont déroulés près du monastère en lui-même mais à Karyes, sorte de chef-lieu de la péninsule, où les monastères, à l’excepté d’un seul situé à quelques minutes à pied, disposent tous d’une sorte de locaux administratifs. Le monastère  d’Esphigmenou conserve donc le sien, qui n’est pas occupé par la fraternité d’Esphigmenou-bis créée récemment et soumise au Patriarche Bartholomée.

 

Récemment, cette fraternité a tenté de s’emparer de ces locaux avec l’aide de la police grecque qui avait déployée environ 80 policiers. On voit ainsi sur cette vidéo prise avec un téléphone mobile que des personnes tentent de défoncer la porte au moyen de ce qui ressemble à un petit bulldozer. Les faits se sont produits le 29 juillet 2013 dernier.

 

 

 

C’est dans ce contexte que le procureur en charge du Mont Athos ont fait état de jets de cocktail molotov par les moines d’Esphigmenou retranchés dans ces locaux avec un certain nombre de laïcs. L’un d’eux aurait même atterri au pied d’un policier. Ces propos ont été repris par les milieux néocalendéristes et démentis par les moines d’Esphigmenou. Seules deux photos accréditant cette thèse ont été diffusées. La première montre un moine tenant un cocktail molotov à une fenêtre, mais ne le jetant pas à proprement parler. La seconde, prise de loin montre un moine le bras tendu, on peut croire qu’il a jeté quelque chose, et un objet qui semble enflammé en train de tomber. Ces deux photos sont présentées ci-dessous.

 

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La seconde photo ayant été moins diffusée. En revanche, la première a fait l'objet de plusieurs commentaires qui plaident en faveur d’un montage par photoshop.

 

Esphigmenou-montage.jpg

 

Les points suivants ont été signalés :

 

1.  Le regard pacifique et tourné vers le bas, ainsi que la position du corps ne suggèrent pas le jet d’une bombe incendiaire. Où va être jetée la bouteille et que regarde le moine.

 

2. La main est dans une position telle que rien n’est tenu. Il s’agit d’un geste grec signifiant « Que se passe-t-il ? » Par ailleurs, il est difficile voire impossible de tenir une bouteille qu’on peut estimer à un litre de cette façon, avec la base dans la paume de la main. Cela fait peser un poids trop important sur le poignet. Essayez de faire cette expérience avec une bouteille d’un litre en la tenant exactement tel que sur la photo, vous verrez par vous-même.

 

 3. Le liquide dans la bouteille n’a pas un angle correct.

 

4. La flamme  (4 et 7) n’est pas seulement sur la mèche mais remonte aussi dangereusement sur le goulot de la bouteille, ce qui indique une fuite du liquide inflammable. Mais dans un tel cas, la flamme entourerait tout le goulot et ne se développerait pas uniquement sur un seul côté. On note aussi que la mèche ne continue pas dans la bouteille. Si la mèche était juste fichée dans le bouchon, elle ne brûlerait pas.

 

5. Avec une flemme aussi grande, si le contenu était de l’alcool il aurait exposé. Si le liquide est de l’huile ou à base de pétrole, il devrait dégager de la fumée. On n’en voit absolument pas.

 

6. Tout autour des dépendances du monastère sont présents des journalistes et on n’est en mesure de nous communiquer que deux photographies. Où la bombe incendiaire a-t-elle atterrie ? Où sont les photos de l’explosion? Cette bombe semble s’être volatilisée par la suite.

 

Ce point est peut-être le plus important. A une époque où le moindre téléphone portable est équipé d’un appareil photo et de vidéo, où il y a un certain nombre de personnes en ce lieu, les accusateurs ne sont en mesure que de fournir deux photos, et aucune vidéo. Certains ont fait état d’une vidéo que personne n’a vu à ce jour. Ceci ressemble bien à une opération de désinformation. Si des objets ont été jetés des fenêtres mais il est fort peu probable que ces moments soient ceux capturés sur ces photos. Le jet de cocktail molotov est lui-même peu probable car les traces auraient dû être visibles et montrées en photo.

 

D’autres éléments sur la photo sont troublants :

 

Le bas de la bouteille est plus clair et semble en quelque sorte illuminé ou éclairé, ce qui est illogique vu que le soleil se trouve au-dessus

La bouteille contient un liquide a priori translucide ou transparent. Etrangement, à travers elle, on ne voit guère le câble qui pend sur le mur et qui passe derrière la bouteille.

 

Depuis, la situation n’a que très peu évoluée : il est un rien difficile de savoir dans quelle mesure les locaux sont coupés du monde, mais le fait est que la police a coupé l’eau puis a arrêté et retenu pendant quelques temps deux moines de monastères autres qu’Esphigmenou, qui apportaient de la nourriture aux assiégés le 2 août dernier. Il s’agit des pères Demetrios, 68 ans, du monastère de Philothéou, et Chrysostome de 86 ans.

 

Par la suite, une lettre de protestation contre ces persécutions signées par des moines de la Sainte Montagne (mais n’appartenant pas au Monastère d’Esphigmenou) a aussi été diffusée (lien en grec).

 

 

Pour protester contre la persécution du monastère d’Esphigmenou, vous pouvez protester auprès du Ministère grec des Affaires étrangères dont dépend le Month Athos ou auprès du Premier ministre grec. Vous pouvez également protester auprès du Patriarche Bartholomée

 

Sources :

 

www.esphigmenou.com

http://tsoutsouneros.arvanitis.eu/archives/38623

 

Publié dans orthodoxie-libre

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