Le Daru-gate : les dessous de l'élection controversée de l'archimandrite Job (Getcha)

Publié le par Theophylactère

« La semaine dernière a vu l’élection de l’archimandrite Job Getcha en tant que nouvelle archevêque de l’Exarchat russe dépendant du Patriarcat de Constantinople. Tout cela a été opéré au terme d’un processus des plus chaotiques qui s’est déroulé en deux temps.

 

Le Conseil d’Administration a tout d’abord présenté la candidature des pères Syméon (Cossec), Grégoire (Papathomas) et Job (Getcha), pour approbation par le synode de Constantinople. Une telle liste était en soi une vraie surprise et un bien de nez aux statuts de l’Exarchat stipulant que tout candidat doit avoir 5 ans d’ancienneté au sein du diocèse. A cette date, seul le père Syméon remplissait ces conditions, les deux autres candidats n’étant pas clergé de l’Exarchat en ce moment. Les commentateurs ne manquèrent pas de soulever ce point des plus évidents. Le Saint Synode refusa d’entériner la liste, ouvrant une période d’incertitudes, de questionnements et de rumeurs. Chacun avait en tête que le Phanar soutenait la candidature du Père Job.

 

Afin de sortir de la crise, une solution fut trouvée. Le 1er novembre 2013, les nouveaux statuts adoptés en Assemblée générale extraordinaire ne mentionnaient plus la condition d’ancienneté, ce qui ouvrait la voie à une candidature régulière des pères Grégoire (Papathomas) et Job (Getcha), qui furent donc proposés comme candidats. La surprise fut de taille : le Phanar ne valida que la candidature de son poulain, le Père Job (Getcha), et, autre surprise majeure, proposa deux candidats additionnels, à peu près inconnu de tous, le hiéromoine Mykhaylo (Anischenko) et l’archimandrite Bessarion (Komzias) , alors que, toujours selon les statuts qui régissent l’Exarchat et qui ont tout de même été validés par le Phanar, seul le Conseil d’Administration est à même de proposer des candidats, le synode étant quant à lui, libre d’agréer qui bon lui semble mais en aucun de proposer de son propre chef des candidats. Etrangement, l’Assemblée Générale a procédé à un vote avec la liste émanant du Phanar, et ce en dépit de l’irrégularité manifeste. Peut-être cela est-il le fait de la lassitude d’être demeuré longtemps sans archevêque. A l’issue de ce vote, le Père Job a été élu avec une confortable majorité : 109 voix en sa faveur, 33 pour le père Bessarion, 9 pour le père Mykhaylo. On note toutefois un vote contestataire non négligeable qui s’est manifesté par 40 bulletins blancs ou nuls.

 

Comment le Phanar a-t-il eu l’idée d’organiser une telle mascarade électorale ? Nous avons une piste sérieuse à suggérer. Elle est étayée par une conversation téléphonique qui a eu lieu quelques jours avant l'élection entre le Patriarche Bartholomée et un chef d’Etat africain dont nous ne pouvons dire le nom. Cette conversation a été interceptée par la NSA et nous a été communiquée par un transfuge de cette organisation qui se trouve à présent en lieu sûr en Russie.

 

En voici la transcription, c’est une information exclusive de ce blog.

 

- Allo, allo, Monsieur le Président, bonjour, c’est le Patriarche Bartholomée, comment allez-vous ?

 

- Bonjour, Votre Sainteté. Je vais bien merci, et vous-mêmes.

 

- Je me porte à merveille, grâce à Dieu. J’aurais besoin de vos conseils ; j’ai un souci électoral, pour l’élection d’un évêque, voyez-vous, c’est un cas particulier. D’habitude, les évêques sont élus par le synode, ça ne pose aucun souci, mais là voyez-vous, le processus est particulier… Une assemblée de clercs et de laïcs désigne un candidat. Ce candidat est proposé au synode qui l’élit formellement comme archevêque… Je voudrais éviter que le candidat désigné par l’assemblée ne soit pas de notre goût.

 

- N’y a-t-il pas moyen de faire en sorte que l’assemblée ne puisse voter que pour un candidat unique, comme au bon vieux temps du parti unique.

 

- Cela serait délicat et très mal perçu, l’élection a lieu en France, en Europe, et on y est très à cheval sur les notions de pluralisme, de démocratie…

 

- Je comprends… Ne serait-ce pas cette cathédrale que vous avez à Paris, Rue Daru…

 

- C’est bien cela.

 

- Oui, je la connais, elle est située près de mon deuxième hôtel particulier… Alors, pourquoi ne pas bourrer les urnes ? Il n’y aura pas d’observateurs internationaux, tout même ?

 

- Certes, non, mais c’est matériellement impossible, l’élection, les débats et le dépouillement auront lieu dans une même sale en présence de tous, avec des urnes transparentes, et mes adversaires seront très attentifs…

 

- Alors là, il va falloir la jouer à l’africaine…

 

- Expliquez-moi donc…

 

- Il faut invalider les candidatures gênantes ; chez nous, on invente les prétextes les plus divers : l’âge du candidat, trop jeune, trop âgés, son temps de résidence dans le pays, le non-paiement d’impôts, des vices de forme dans le dépôt des candidatures, ses diplômes… l’imagination ne nous manque pas.

 

- Certes, mais cela revient à une candidature unique…

 

-Détrompez-vous ! En parallèle, afin de préserver les apparences, nous suscitons des candidatures d’opposants factices sans aucune envergure, qui nous sont fidèles. Par la suite, ils seront récompensés par des postes ministériels, des avantages financiers…

 

- Voilà des conseils très précieux, merci, chère frère.

 

- Je vous en prie, cher frère, ce fut un plaisir, au revoir.»

 

 

Nos lecteurs auront compris, je l'espère, que la conversation précédente n'est que le fruit de l'esprit facétieux de son auteur. Certains l'ayant prise au sérieux, cette mise au point était nécessaire.

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