Un prêtre du Patriarcat de Moscou critique le texte commun entre le pape François et le patriarche Cyrille

Publié le par Theophylactère

Un prêtre du Patriarcat de Moscou critique le texte commun entre le pape François et le patriarche Cyrille

Suite à leur rencontre historique à Cuba, le Pape François et le Patriarche Cyrille ont signé une déclaration commune. Celle-ci a suscité les déclarations élogieuses (largement prévisibles) des orthodoxes œcuménistes. Toutefois, au sein de l’orthodoxie mondiale, une voix dissidente s’est fait entendre en la personne du Père Georges Maximov, prêtre du Patriarcat de Moscou qui formule des remarques pertinentes auxquelles nous souscrivons largement.

 

Toutefois, comme dans le cas des laïcs et évêques dans le monde grec qui s’opposent au document sur « Les relations de l’église orthodoxe avec le reste du monde chrétiens »,                nous sommes résolument sceptiques quant au sérieux de cette opposition de l’intérieur qui ne donne aucun fruit depuis de nombreuses années, en dépit des lettres ouvertes, conférences et autres colloques. En outre, elle n’a jamais eu le courage d’user de la seule arme redoutable et parfaitement canonique à sa disposition, à savoir la cessation de commémoration des hiérarques hérétiques. Elle aboie mais ne mord pas, elle tire, mais à blanc.   Est-elle authentique ou vise-t-elle à rassurer des fidèles inquiets, dans un jeu de rôle cynique avec les hiérarques oecuménistes qui continuent d’avancer leurs pions ?   

 

Le Père Georges Maximov, du Patriarcat de Moscou, a émis des critiques sur certains points du document commun. Les voici :

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples !

Père Georges Maximov : « Dans l’Eglise du Christ, l’unité est déjà réalisée en plénitude. Aussi, dans le Credo, confessons-nous la foi en « une Eglise ». Que de cette unité avec l’Eglise se soient séparés divers communautés hérétiques et schismatiques est une autre chose. Mais leurs membres ne peuvent être appelés disciples du Christ. Ils sont les disciples de ceux qui enseignent faussement au sujet du Christ et les ont conduits en dehors de l’unité de l’Eglise.

 

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13). 

Père Georges Maximov : « Ils [les martyrs] pourraient être un gage d’unité des Chrétiens seulement si nous proclamions que les différences dogmatiques entre les fois des églises auxquels appartenaient ceux qui furent tués n’avaient aucun sens. Mais nous sommes incapables de le proclamer. En fait, seul l’unité dans la vérité peut être le gage de l’unité des Chrétiens, mais elle ne peut être réalisée par la suppression des divergences dogmatiques mais par leur étude et le rejet de ces dogmes qui sont erronés, au profit de ceux qui sont véridiques. »

Père Georges Maximov continue « Une source d’inquiétude est la déclaration sur le travail missionnaire qui  exclut toute forme de prosélytisme.  La signification du mot n’est pas claire. Ainsi, dans le cadre du travail missionnaire, on définit le prosélytisme comme étant la poursuite d’une œuvre missionnaire par des voies indues (méthodes coercitives,  corruption et tromperie). Si tel en est le sens, nous sommes d’accord. Mais je pense que dans ce document, en particulier avec l’expression « toute forme », il peut être compris qu’il est interdit de guider les catholiques vers l’orthodoxie, ce qui est naturellement absurde. Et de même, dans le paragraphe suivant,   la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité.  Si nous pouvons guider une communauté de l’église catholique  vers l’orthodoxie, il s’agirait pour cette communauté du rétablissement de l’unité avec l’Eglise du Christ, et si cela n’arrive pas, cette communauté demeure séparée de l’Eglise. 

 

Le document dans son point 28 déclare :  Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité. 

Père Georges Maximov : « Afin que nous et l’Eglise romaine portions « ensemble témoignage de l’Esprit de vérité », il est nécessaire qu’elle confesse la vérité et abandonne ses faux dogmes.

 

 

Publié dans Orthodoxie mondiale

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